Les députés ont repris lundi après-midi l'examen de la mesure phare du projet de loi internet sanctionnant le téléchargement illégal d'une suspension de l'abonnement.
Les députés ont repris lundi après-midi l'examen de la mesure phare du projet de loi internet sanctionnant le téléchargement illégal d'une suspension de l'abonnement. - Caroline Ventezou AFP/Archives

Comment contourner Hadopi? A l’heure où la loi, validée jeudi par le Conseil constitutionnel, devrait rapidement entrée en vigueur, les internautes rusent pour échapper à son contrôle. Car la loi n’est pas adaptée aux nouvelles méthodes de téléchargement. Explications.
 
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La fin du P2P
 
Hadopi a été pensée pour lutter contre le téléchargement illégal au moment du boom du peer-to-peer (ou P2P). Or, ce mode de téléchargement n’est plus celui privilégié par les internautes. La proportion de téléchargement sur le P2P est passée, en deux ans, de 40% à 18% du trafic des fournisseurs d’accès à Internet, selon une étude américaine qui souligne le déclin rapide du P2P. Les internautes lui préfèrent désormais le streaming et dont le confort de visionnage a été largement amélioré, notamment grâce à l’explosion du haut débit.
 
Déjà en novembre 2008, une étude TNS Sofres notait le virage pris dans les habitudes de téléchargement des Français qui préféraient diversifier leurs sources. Depuis, les internautes ont opté pour des méthodes de téléchargement oubliées ou inconnues de la loi Hadopi (dont 13 sont listées sur le blog Kysban).
 
Le téléchargement direct plébiscité

 
Outre les réseaux P2P nouvelle génération, qui préservent l’anonymat des internautes, les internautes se tournent vers le «téléchargement direct». Plusieurs sites tels que Rapidshare, Megaupload, Sendspace, Sharebee, Mediafire ou encore LibertyLand sont facilement accessibles. Leur manipulation est simple puisque tout passe par des liens url pointant vers ce que l’on souhaite télécharger (musique, film, série…). Autre atout: ces liens s’échangent très facilement sur des blogs, forums ou par mail. La plateforme de blogs de Google bouillonne ainsi de liens illicites impossibles à surveiller.
 
Une simple requête sur Google suffit à apprécier l’étendue du téléchargement direct. Par exemple, «this is it rapidshare» renvoie à 29.500.000 sites. Et l’émergence de Google Wave, qui permet de créer ses forums persos et d’échanger facilement des liens, pourrait encore accélérer la tendance.
 
Autre piste: celle des newsgroups qui regroupent des communautés d’internautes. Ils permettent aux inscrits de s’échanger des liens officieux ou des fichiers à grande vitesse. Avec une particularité: celle de proposer des formules de téléchargement… payantes. Un concept étonnant puisque le principe du «piratage» est de consommer gratuitement. Portant, ces formules sont plébiscitées par les internautes puisqu’elles leur assurent un téléchargement illimité et crypté pour quelques euros par mois (19,95 euros par mois pour Giganews). Or, ces sites sont légaux, seul l’échange de fichiers soumis aux droits d’auteur est interdit.
 
Le cryptage, nouvel eldorado des internautes
 
Le téléchargement a bien changé. Si les internautes privilégiaient avant la rapidité et la simplicité d’échange de fichiers, ils réfléchissent aujourd’hui à la meilleure façon de protéger leurs arrières. Objectif: rendre son IP invisible. Certains sites, comme Share, Mute, ANts disposent de réseaux sécurisés qui cryptent les données des utilisateurs. Impossible de connaître le nom, la nature et le contenu d'un fichier transitant sur le réseau. Impossible donc pour les ayants-droit de prouver le dommage pour saisir l’Hadopi et la justice.

Et vous, allez-vous continuer à télécharger malgré la loi Hadopi?

 

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