Présidence de la commission sur l'audiovisuel, mission "bons offices" sur les 35 heures, rencontre médiatisée avec David Cameron... Jean-François Copé, patron des députés UMP, multiplie les initiatives pour s'installer au centre du jeu.
Présidence de la commission sur l'audiovisuel, mission "bons offices" sur les 35 heures, rencontre médiatisée avec David Cameron... Jean-François Copé, patron des députés UMP, multiplie les initiatives pour s'installer au centre du jeu. - Gerard Cerles AFP

Face au tollé suscité par la «blague» de Brice Hortefeux à Seignosse, Jean-François Copé, le patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale a rapidement détourné la polémique en appelant ce lundi à un débat public sur le thème: «Internet et la liberté». Lui qui était présent aux côtés du ministre de l’Intérieur sur la vidéo décriée estime qu’une régulation est nécessaire pour pouvoir vivre dans une démocratie.

L’espace de liberté, quasi totale, qu’est le Net sera-t-il bientôt un lointain souvenir? 20minutes.fr se posait déjà cette question il y a un an. Voici l’article réactualisé, une revue de ce qui s’appelle «liberticide» pour les uns et «régulation» pour les autres.

- La chasse aux sites d'infos

Jean-François Copé voit le Net comme un «immense espace (...) dans lequel on peut finalement diffuser n'importe quelle image, la tronquer dans tous les sens». Mieux, il ne considère pas la vidéo diffusée sur lemonde.fr comme un vrai reportage: «J'ai pensé à ceux qui font votre métier, ceux qui sont preneur de son, cameraman, reporter... qui font des vrais reportages… Là, on a été sur autre chose.»

Comme le député UMP, le gouvernement n’est pas fan des sites d’infos. Pour Nicolas Sarkozy, c’est simple: la crise de la presse écrite est la faute d’Internet, comme il l’avait lancé en mai 2008 («le problème d'Internet est considérable, parce que comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s'ils sont gratuits sur Internet?»).

Son conseiller Franck Louvrier en avait rajouté une couche: la course à l’audience des sites web des journaux «fait primer le commentaire sur l’explication et le scoop sensationnel sur l’information vérifiée», laissant voir, selon lui, «des écarts étonnants entre la qualité des journaux papier et celle des sites Internet du même nom.»

La faute au fait que le Président est l’une des cibles préférées du Net (l’affaire du SMS a été publiée sur le site du Nouvel Obs et la vidéo «Casse-toi pauvre con» sur le site du Parisien)?

- La chasse aux pilleurs

Ce mardi, le projet de loi controversé Hadopi 2 doit être voté à l’Assemblée nationale. Il vise à anesthésier les pirates des réseaux peer-to-peer en leur adressant deux avertissements avant de passer à la suspension de leur connexion. Le gouvernement espère une adoption définitive de la loi même si les députés PS ont annoncé qu’ils allaient saisir le conseil constitutionnel, comme ils l’avaient déjà fait au printemps pour Hadopi 1.

«Le téléchargement illégal est une contrefaçon, a dit et redit Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, c'est une atteinte à la propriété, intellectuelle, littéraire et artistique (dans la mesure où) l'original perd de sa valeur marchande». A propos des peines de prison, amendes et autres sanctions prévues, elle n’a pas eu peur de lâcher: «On est efficace quand on touche les gens là où ça fait mal».

- La chasse aux sites illégaux


En février dernier, Nicolas Sarkozy a prolongé le souhait exprimé par Nadine Morano et Michèle Alliot-Marie un an plus tôt: que les FAI (fournisseurs d’accès à Internet) bloquent l’accès aux sites pédophiles, puisque plus d’un tiers des 11-17 ans aurait déjà été confronté à des images choquantes. Problème: qui décidera qu’un site pédophile ou pas? Une mesure rationnelle, mais qui peut engendrer d’autres blocages si la technique de filtrage fonctionne (la loi Hadopi prévoit d’ailleurs un blocage de sites qui hébergent des œuvres illégales). Casse-tête pour les FAI: quand bien même elles seraient contre le filtrage, coûteux à mettre en place et pas forcément efficace, il leur est difficile de le dire sous peine de passer pour des pro-pédophiles.

Trouvez-vous que la liberté sur le Net se réduise? Donnez-nous des exemples ci-dessous...

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