Frédéric Mitterrand installe une mission pour l'après-Hadopi

HADOPI Le ministre de la Culture et de la Communication veut booster l'offre légale sur le Net...

Alice Antheaume

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Frédéric Mitterrand installe la mission "Création et Internet" jeudi 3 septembre 2009

Frédéric Mitterrand installe la mission "Création et Internet" jeudi 3 septembre 2009 — Didier Plowy/MCC

«Hadopi est nécessaire mais ne suffit pas», a commencé Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, dans les salons du ministère de la rue de Valois, ce jeudi midi à Paris. Alors que le projet de loi Hadopi 2, qui vise à réguler le téléchargement illégal, devrait être voté au Parlement vers le 15 septembre, le ministre ne veut pas attendre plus longtemps. Il a décidé de créer une mission pour améliorer l'offre légale en musique ou films sur Internet. «Ce n'est pas Hadopi 3, a-t-il expliqué. Ce sont des mesures d'accompagnement pour faire comprendre que l'objectif du gouvernement est à la fois de servir les internautes, de protéger les droits d'auteur et d'apporter une régulation dans un marché actuellement totalement anarchique».

Cette mission, baptisée «création et internet», est présidée par Patrick Zelnik, Pdg du label indépendant Naïve, le label qui a produit Carla Bruni. Elle est composée de l'ancien ministre de la Culture Jacques Toubon, farouche opposant de l’amendement Bono (qui veut désagréger la riposte graduée), et de Guillaume Cerutti, ancien directeur de cabinet au ministère de la Culture et actuellement Pdg de la maison de ventes aux enchères Sotheby's France.

Venue voir l'installation de cette mission, une assistance composée du gratin des industries culturelles: Pascal Nègre, de la maison de disques Universal, Bernard Miyet, de la Sacem (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) ou Pascal Rogard, de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques). Et quelques têtes issues du monde numérique, comme Xavier Couture, le patron d'Orange, et Martin Rogard, de Dailymotion.

L'acronyme

Au commencement de son discours, Frédéric Mitterrand a pris soin de définir le sigle d'Hadopi, une façon de corriger son trou de mémoire survenu en début de semaine sur le plateau de Canal+. Ayant énuméré d'un trait «Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet», le ministre a soupiré «Ouf!», en souriant à l'assemblée.

Après quelques mises au point de rigueur («Internet doit être un espace civilisé»; «l'utopie n'est pas une alternative à l'utopie»; «Hadopi n'a pas été imaginé dans les officines gouvernementales par des technocrates»), le ministre a lancé quelques pics à ces «absolutistes de l'Internet libre» qui, selon lui, ont provoqué des «controverses déraisonnables» sur la riposte graduée. Pour Jacques Toubon, «le débat a été un peu réducteur jusqu'à présent et il a pris plutôt l'allure d'une espèce de guerre de tranchées». «On veut essayer de sortir de la tranchée», a dit l'ancien ministre.

«Etonnez-moi!»


En guise d'encouragement, Frédéric Mitterrand a lancé aux interlocuteurs de cette mission: «Etonnez-moi!». Il veut, d'ici fin octobre-début novembre, une «liste de propositions brèves destinées à être traduites» concrètement et rapidement. Surtout pas un énième «rapport encyclopédique sur le monde de la Culture». Et ce, selon deux axes: favoriser l'attractivité de l'offre légale (souplesse, prix, etc.) et faciliter la circulation des oeuvres et des droits sur celles-ci.

Dans l'assistance, certains journalistes osent: «tout n'a-t-il pas été tout dit sur Hadopi?» Enervement de Frédéric Mitterand: «Non! Vous voudriez des réponses avant que le bébé naisse, c'est désagréable. Comme si les personnalités éminentes à qui l'on a confié cette mission ne servaient à rien».

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