Le PDG du groupe Bouygues n’est pas content, et compte bien le faire savoir au niveau européen. Il envisage sérieusement de porter plainte à Bruxelles pour contester le prix de la quatrième licence 3G. «En 2000, Orange et SFR devaient payer 5 milliards d'euros leur licence. Quand Bouygues Telecom a obtenu la sienne à 619 millions, Bruxelles a trouvé normal de ramener le prix à 619 millions d'euros pour Orange et SFR. Si la licence coûte maintenant 240 millions d'euros, je ne vois pas pourquoi les mêmes causes ne produiraient pas les mêmes effets», a-t-il déclaré. 
 
Martin Bouygues estime que payer deux fois et demi moins cher que les autres pour rentrer dans la bataille de la téléphonie mobile s’apparente à une aide d’Etat. France Telecom, déjà de cet avis, a déposé une plainte similaire au début du mois d’août.
 
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Un travail de sape contre Free

 
Pour le patron de Bouygues, faire rentrer un nouveau joueur sur le marché est fantaisiste tant que le problème des antennes-relais n’est pas réglé. En effet, celui qui obtiendra la quatrième licence devra se faire une place parmi le parc d’antennes en place. Or, pour Martin Bouygues, c’est clair: «On ne peut plus déployer d'antennes. Dans les zones urbaines, les opérateurs sont locataires de 96 % des sites. On nous demande d'héberger le futur opérateur, mais c'est valable quand nous sommes propriétaires des sites. Le contrat ne prévoit pas de sous-location. C'est totalement irréalisable».
 
Pour tenter de décourager Free, candidat déclaré à l’appel d’offre, difficile de faire mieux.  Le directeur du groupe n’a d’ailleurs jamais masqué son désamour envers Iliad, la maison-mère de Free, qui avait annoncé son intention de diviser par deux les prix des forfaits si la licence lui était accordée.  «Quand je compare la rentabilité des uns et des autres, je constate que Free est bien plus profitable que Bouygues Telecom. Si l'on veut plus de concurrence et faire baisser les prix pour le consommateur, Free serait donc déjà bien inspiré de réduire un peu ses marges sur l'ADSL avant de penser à venir sur le mobile», avait lâché en mars Martin Bouygues.
 
En attendant, l’appel à candidatures est ouvert depuis le début du mois d’août et se termine le 29 octobre prochain. Le temps pour Free de parfaire ses arguments pour répliquer.

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