Nathalie Kosciusko-Morizet: Hadopi est «un échec collectif»

POLITIQUE – La secrétaire d'Etat à l'Economie numérique se place clairement dans une posture alternative à celle de sa collègue Christine Albanel...

20minutes.fr

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  — MEIGNEUX/SIPA

Nathalie Kosciusko-Morizet a trouvé son créneau: l’après-Hadopi. Après avoir réuni des professionnels du secteur pour réfléchir à de nouvelles formes de rémunération des artistes, la secrétaire d’Etat à l’Economie numérique a carrément déclaré mardi que la loi sur le téléchargement était «un échec collectif» lors d’un chat sur le site Bakchich.

«Je crois que la loi Hadopi aura de vraies vertus pédagogiques, et d’une certain manière, le débat, même dans ce qu’il a eu de très polémique, en a eu. [...] Maintenant, je crois aussi que c’est un échec collectif [...] d’être arrivés à une situation aussi conflictuelle», déclare t-elle. NKM a beau dire qu’elle «ne lance la pierre à personne en particulier», tous les regards se tournent bien sûr vers sa collègue du gouvernement, Christine «Anéfé» Albanel.

«Scandaleux»


Kosciusko-Morizet en a profité pour redéfinir sa vision de l’après-Hadopi: «Pour la suite, j’essaie à la fois de travailler, avec le monde de la musique, à développer l’offre légale, faire en sorte qu’elle soit intuitive, impulsive, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, même si de très nombreux modèles économiques, parfois très innovants, coexistent. Et aussi de travailler avec les autres secteurs potentiellement impactés par le numérique, pour qu’ils ne se laissent pas corneriser eux aussi.»

Lors de ce chat, la solidarité gouvernementale sera écornée une autre fois par NKM, qui n’a décidément pas la langue dans sa poche. Au sujet du licenciement d’un cadre de TF1 anti-Hadopi suite à l’intervention du ministère de la Culture, la secrétaire d’Etat a estimé que «c’était scandaleux». «C’était une vraie erreur de faire suivre ce mail. C’est une facilité technique que de faire suivre, mais il ne faut pas oublier qu’un mail, c’est une correspondance personnelle», a-t-elle estimé, faisant référence au cabinet de Françoise de Panafieu, destinataire du mail.