Nouvel élément dans la guerre des brevets qui se prépare autour des écrans tactiles. A l’automne dernier, le constructeur HTC sort son G1, le premier smart phone à tourner sous Android, le système d’exploitation mobile de Google. Plutôt agréable, l’écran tactile de l’appareil ne supporte cependant pas le multi touch, qui permet par exemple de zoomer avec deux doigts sur l’iPhone. La raison? Apple aurait demandé à Google de ne pas l’intégrer, selon un développeur d’Android, qui se confie mardi à Ventura Beat, sous couvert d’anonymat. La question: Pourquoi Google a-t-il obtempéré.
Contacté par 20minutes.fr, Google, sans surprise «ne commente pas les rumeurs et les spéculations». Reste que vu les récentes déclarations de Tim Cook, à la tête d’Apple en l’absence de Steve Jobs, les affirmations de Ventura Beat, un site plutôt bien connecté dans la Silicon Valley, ne semblent pas surprenantes.
Interrogé sur la compétition autour de l’iPhone mi janvier, le directeur opérationnel d’Apple lâchait une toute petite phrase au milieu de l’annonce des résultats du groupe: «Nous poursuivrons quiconque pillerait notre propriété intellectuelle.»
Menaces en l’air, notamment contre Palm? (son futur smart phone, le Pre, dévoilé en grandes pompes au CES début janvier semble disposer d’une interface très proche de l’iPhone sur certains aspects). Pas vraiment. Le 20 janvier, Apple révèle que l’autorité américaine qui gère les brevets lui en a accordé un, le 7.479.949 (358 pages imbitables) décrivant notamment l’interface utilisateur multi touch utilisée par l’iPhone.
Du côté de Palm, plutôt mal en point et dont le Pre a été salué par les investisseurs, on ne se démonte pas (pour l’instant). «Apple n’a pas inventé le multi touch, qui existe depuis le milieu des années 80», a affirmé le groupe à l’agence Reuters.
Problème, le droit des brevets américains est ultra complexe, et de nombreuses compagnies (Apple, Palm, HP, Microsoft) en ont déposé autour des écrans tactiles. Microsoft, avec Surface, gère déjà une interaction multi touch et Windows 7 devrait pouvoir s’utiliser avec les doigts. Au CES de Las Vegas, début janvier, de nombreux fabricants de téléviseurs présentaient de telles fonctionnalités.
D’après plusieurs experts et un avocat cité par Gizmodo, il semble que le brevet déposé par Apple lui offre néanmoins de solides munitions en cas d’action judiciaire. Palm va donc devoir se débrouiller pour être suffisamment astucieux et de pas violer toutes les clauses du brevet.
Google, dans tout ça, a sans doute joué la prudence. Sans compter que l’entreprise a plutôt de bonnes relations avec Apple (de nombreuses applications Google sont disponibles sur l’iPhone). Malgré tout, son système Android semble tout à fait capable de gérer le multi touch, comme le prouve la démonstration d’un bricoleur avec le G1.
A surveiller dans les prochains mois ce qui sera le plus fort pour Google et les autres: la menace d’un procès contre Apple et ses 25 milliards de dollars de cash disponible ou la pression des utilisateurs demandeurs des fonctionnalités multi touch sur leur téléphone.
Selon vous, Apple a-t-il raison d'agir ainsi ou de tels brevets sont-ils un frein à l’innovation?