Twitter a refusé 500 millions de dollars de Facebook

HIGH-TECH Le site de micro-blogging voulait plus de cash...

Philippe Berry, à Los Angeles

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Twitter, le roi du micro-blogging

Twitter, le roi du micro-blogging — Twitter.com

En business ou en négociation, il se dit qu’accepter la première offre est une mauvaise idée. Mais quand celle-ci a huit zéros, ça vous titille le stylo. Pourtant, c’est bien une offre à 500 millions de dollars venant de Facebook que Twitter a rejetée, d’après la journaliste Kara Swisher, qui a révélé lundi des détails sur le deal avorté. Refuser un demi-milliard de dollars quand on ne génère aucun revenu, couillu ou suicidaire?

 

D’abord, de quoi parle-t-on ici? (si vous êtes familiers des tweets, followers, micro-blogging et autres status update, vous pouvez passer directement au paragraphe suivant et lancer les dés). Facebook, c’est ce réseau social avec 120 millions d’utilisateurs dans le monde, qui fait dangereusement chuter la productivité des journalistes de 20minutes.fr (retirer les photos mises en ligne par ses amis de soi ivre, ça prend du temps). Twitter, c’est le roi du micro-blogging. En 140 caractères, vous répondez à la simple question «qu’êtes-vous en train de faire». Et tous vos amis, ou followers, peuvent suivre les tweets sur votre vie passionnante. Narcissique pour les uns, social pour les autres, Twitter est tendance, avec 6 millions d’utilisateurs dans le monde. Avec des yeux partout, Twitter est surtout imbattable sur les breaking news comme la fusillade à l’université Virginia Tech en 2007 ou les incendies en Californie. De plus en plus de médias américains comme CNN l’utilisent pour faire réagir leurs téléspectateurs en temps réel.

 
Pas assez de cash
 

D’après BoomTown, les négociations sont donc allées très loin, pour finalement capoter il y a trois semaines. Pour racheter Twitter, Facebook proposait 500 millions de dollars... dont seulement un quart en billets verts. Le reste de l’offre était en titres, avec un montant basé sur la valorisation de Facebook à 15 milliards de dollars établie à la suite de l’entrée au capital de Microsoft en octobre 2007. Une valorisation jugée complètement irréaliste par beaucoup, digne des excès pré-bulle Internet.

 

Twitter a donc décliné. Pari risqué quand on sait que l’entreprise n’a aucun revenu ou presque. Elle expérimente avec de la pub sur son site japonais et planche toujours sur un moyen de «monétiser» son succès (d’après un sondage, la moitié des utilisateurs seraient prêts à payer au moins 5 dollars par mois pour utiliser Twitter).

 

Les investisseurs, incluant pas mal de noms connus dans la Silicon Valley, ont injecté 15 millions de dollars dans Twitter l’été dernier. Ils semblent pour l’instant soutenir la stratégie d’expansion. Jusqu’à quand?


 

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