Les scanners vont chauffer sur le Vieux Continent. Dès aujourd'hui le site www.europeana.eu propose environ 2 millions d'oeuvres numérisées : livres, manuscrits, peintures, cartes, photos et documents audiovisuels. « C'est une chance de donner une plus grande visibilité à tous les trésors enfouis au fin fond de nos bibliothèques, musées et centres d'archives, s'enthousiasme Viviane Reding, commissaire européen en charge de la Société de l'information et des médias. L'objectif est d'atteindre, voire de dépasser 10 millions d'objets culturels d'ici à 2010. » Une goutte d'eau face aux 2,5 milliards de livres conservés par les bibliothèques européennes, dont à peine 1 % est numérisé. Dans un premier temps, seules les oeuvres tombées dans le domaine public sont concernées, le problème des droits d'auteur n'étant pas résolu.
Initiée en 2005, Europeana est une réponse à l'américain Google qui revendique aujourd'hui 7 millions de livres numérisés pour son Google Book Search, ouvert en 2004. Forte de l'expérience acquise avec la bibliothèque numérique Gallica, créée dès 1996, la France est le principal contributeur d'Europeana avec 52 % des oeuvres mises à disposition. « C'est un projet essentiel pour la valorisation du patrimoine culturel européen et l'accès de tous les publics à notre culture », explique Benoît Paumier, du ministère de la Culture. « Il garantit notre présence dans la nouvelle géographie des savoirs liée au développement de la société de l'information et de l'économie de la connaissance. » La Commission a débloqué 120 millions d'euros pour améliorer les technologies de numérisation, avec en ligne de mire 4 % d'oeuvres numérisées d'ici à 2012. La course à la numérisation est lancée. W