«Google fait partie du même écosystème que Microsoft»

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Publié le 25 septembre 2008.

INTERVIEW - A l'occasion du 10e anniversaire de Google, Françoise Brougher, vice-présidente en charge des business operations…

De notre envoyé spécial

Diplômée des Arts et métiers puis de Harvard, Françoise Brougher occupe le poste de vice-présidente de la division business operations de Google. Pour 20minutes.fr, elle fait le point sur le développement du groupe. Du bout des lèvres.

 

Joyeux anniversaire! Au fait, c’est quel jour exactement?

Un jour d’ici la fin septembre.

 

L’année dernière, vous aviez célébré les 9 ans le 27 septembre…

Ca sera d’ici la fin du mois.

 

En dix ans de croissance, quelle est votre plus grand succès?

D’avoir réussi à créer un business à partir de rien. Passer de 0 à plus de 19 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel en si peu de temps, c’est considérable. Mais l’aspect business n’est pas le plus grand succès. Google a réussi à démocratiser l’accès à l’information, à comprendre cet organisme qu’est le Web et à l’utiliser de la manière la plus efficace possible.

 

Et votre plus grand échec?

Nous aurions pu grandir à l’international plus vite. On vient seulement de passer les 50% de notre chiffre d’affaires réalisé en dehors des Etats-Unis.

 

Vous avez acheté YouTube ou Double Click pour plusieurs milliards de dollars. Google peut-il absorber n’importe quelle start-up émergente?

YouTube et Double Click étaient très visibles et chers. Parfois, il n’y a que deux ou trois salariés dans nos cibles. Malgré tout, nous n’achetons pas tant de start-up que ça, si l’on compare à une entreprise comme Cisco il y a quelques années.

 

Votre récent partenariat avec Yahoo sur la publicité aux Etats-Unis et au Canada est observé de près par la justice européenne et américaine. Vous rejetez les accusions de monopole?

Je ne commenterai pas plus que notre position officielle sur le blog. [qui dit qu’il ne s’agit absolument pas d’une fusion mais d’un accord semblable à ce que Google pratique avec d’autres moteurs de recherche, et que les prix n’augmenteront pas vu qu’ils ne sont pas fixés par l’entreprise mais par les clients, aux enchères, ndlr]. Et il ne faut pas perdre de vue qu’il suffit d’un clic aux internautes pour ne plus utiliser Google.

 

L’accord a été annoncé juste après la tentative avortée de rachat de Yahoo par Microsoft. Etes-vous désormais en concurrence frontale?

Non. Nous faisons partie du même écosystème, c’est tout.

 

Google Docs offre une alternative à Microsoft Office. Ajoutez Chrome, votre nouveau navigateur, et votre technologie Gears pour accéder à des contenus hors ligne, et Windows semble en ligne de mire…

C’est vous qui le dites.

 

 

Vous êtes déjà en train de franchir le cap du système d’exploitation pour téléphones portables, avec votre système Android qui va équiper un modèle d’HTC d’ici quelques semaines…

C’est différent pour les portables. Il y avait un manque. Un manque pour les utilisateurs, c’est toujours ce qui motive les décisions de Google. Avec Android, nous avons mis au point un système open source. Il devrait permettre d’améliorer l’expérience d’Internet sur téléphone portable. C’est notre objectif.

 

Sous pression de l’Europe, vous venez de réduire à neuf mois la durée de conservation des données avant de les rendre anonymes. Pourquoi pas six? Google sait-il trop de chose sur nous?

La durée n’est pas encore fixe. La question du respect de la vie privée est primordiale. Nous en discutons tout le temps. Au sein de Google et avec de multiples organisations. Maintenant il faut aussi voir que les banques ou Amazon ont aussi beaucoup d’informations personnelles. Ca ne concerne pas que Google.

 

Don’t be evil [ne soyons pas maléfique] résumait la philosophie de Google à ses débuts. Est-ce toujours le cas quand vous cédez aux demandes de la Chine sur la censure?

Les fondateurs, Sergey et Larry, ont toujours dit que la décision sur la Chine avait été la plus difficile à prendre de leur vie. Mais qu’est-ce qui est le mieux pour les Chinois? Avoir moins d’information ou pas d’information. Et Google avertit toujours quand il bloque un site. Ce n’est en plus pas spécial à la Chine, on bloque aussi des sites de propagande nazie, à la demande des gouvernements français ou allemands. Nous avons évidemment beaucoup plus de responsabilités qu’il y a 10 ans.

Propos recueillis par Philippe Berry
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