Si tout se passe comme prévu, demain commencera la plus grande expérience de physique de tous les temps : l'observation en laboratoire des conditions qui régnaient à la toute première seconde de la création de l'univers, il y a plus de treize milliards d'années. Comment ? Grâce à une machine infernale baptisée « Large Hadron Collider » (LHC) et située à 150 m sous terre, à la frontière franco-suisse, près de Genève.

Fonctionnant comme un accélérateur géant, elle permettra à deux faisceaux de particules circulant en sens contraire, dans un anneau de 27 km de circonférence, de se heurter de plein fouet, à une vitesse exceptionnelle, proche de celle de la lumière (300 000 km/s). A quoi bon ? s'interrogeront certains. Tout simplement à découvrir, dans les gerbes de particules qui résulteront de cette formidable collision, les secrets de la matière.

A l'image de policiers sur une scène de crime, les physiciens du Cern (Centre européen de recherche nucléaire) espèrent découvrir, en fouillant dans ces « débris », le trésor qu'ils recherchent depuis les années 1960 sans jamais avoir prouvé son existence : la « particule divine », plus savamment appelée le boson de Higgs, autrement dit la particule élémentaire qui expliquerait comment toutes les autres fonctionnent ensemble.

Mettre la main sur cette pièce manquante permettrait de terminer le « puzzle » de l'univers et de valider ou non les différents scénarios de big-bang retenus actuellement pour expliquer sa création.

Formidable machine à découvertes, le LHC permettra de résoudre également beaucoup d'autres énigmes, comme de mieux cerner la « matière noire », qui représente 22 % de la densité de l'univers, ou de prouver, ou non, l'existence d'univers parallèles. « Avec les expérimentations du LHC, le visage de la physique ne sera plus jamais le même ! », s'enthousiasme le physicien et philosophe Etienne Klein.


Polémique: et si des trous noirs s'échappaient du labo?
La fin du monde est pour demain! C'est du moins ce que pense l'association américaine Citizens against the Large Hadron Collider, qui craint que notre planète ne finisse engloutie par une erreur de calcul des physiciens. Arguant de thèses - non publiées - d'un physicien allemand, elle a porté plainte devant un tribunal fédéral et exige l'arrêt du collisionneur au nom du principe de précaution.

Elle craint en effet que le LHC ne produise de microscopiques « trous noirs », des sphères massives mangeuses de matière qui, si elles s'échappaient du laboratoire, pourraient « dévorer » notre planète.



Au Cern, on admet que « quelques théories de type spéculatif prédisent la production de trous noirs », mais les chercheurs précisent que « ces théories prévoient aussi qu'ils se désintégreraient aussitôt et resteraient sans effets ». Rassurant.

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