Facebook, passe Navigo, biométrie... la Cnil s'inquiète du «traçage» de notre vie quotidienne

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Publié le 17 mai 2008.

DONNEES PERSONNELLES - Nous sommes soumis à de plus en plus de surveillance, dit le patron de la CNIL...

Biométrie, moteurs de recherche, sites sociaux, passe Navigo… En présentant à la presse le rapport annuel de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), dont la protection des données personnelles informatiques est la raison d'être depuis 1978, son président Alex Türk a dressé un panorama inquiétant du «traçage» tous azimuts auquel est désormais régulièrement soumis le citoyen français.

[Télécharger le rapport de la Cnil, format PDF]

Pour Alex Türk, «du lever au coucher, nous sommes tous plus ou moins soumis» à «un double traçage». D'abord «un traçage dans l'espace» à travers le développement des systèmes de biométrie, de vidéosurveillance ou de géolocalisation. Ensuite «un traçage dans le temps» que permettent les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux.

«Le premier met en cause la liberté d'aller et venir», a insisté le président de la Cnil vendredi. «Le second met en cause la liberté de pensée et d'expression», a-t-il ajouté en citant l'exemple de déclarations anciennes exhumées dans des moteurs de recherche qui «vous obligent de justifier à 50 ans ce que vous avez dit à 20 ans».

La Cnil a insisté par exemple auprès du ministère de l'Intérieur pour que le régime juridique de la vidéosurveillance soit «clarifié».

Elle a également recommandé la création d'un passe Navigo «anonyme» utilisable dans les transports en commun franciliens et rendant anonymes les données de validation des passagers, contrairement au passe Navigo classique qui associe les données de validation (date, heure et lieu de passage) au numéro des abonnées pendant 48 heures. Cette carte existe désormais mais coûte cinq euros.

La commission a en outre émis des réserves sur le nouveau passeport biométrique et regretté «très vivement» que le gouvernement les ait ignorées, a commenté son président. Elles portaient notamment sur la création d'une base de données centrale ainsi que le recueil des empreintes de huit doigts alors que la réglementation européenne n'en envisage que deux.

La réunion des 27 Cnil européennes, présidée depuis cette année par Alex Türk, a recommandé également «une réduction très sensible (à six mois au lieu de 18 actuellement, ndlr) de la durée de conservation des données par les moteurs de recherche» et autres réseaux sociaux sur le net du type Facebook — sans compter sur la polémique Deacon — et Myspace.

En conséquence, la Cnil veut «faire reconnaître le caractère constitutionnel du droit à la protection des données personnelles» avec une inscription dans le préambule de la Constitution de 1958, qui rappelle les droits fondamentaux.

Et vous, êtes vous, comme Alex Türk, inquiet de l’explosion de ce traçage de votre vie quotidienne? Dites-le nous ci-dessous...
JH, avec AFPL
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