Histoire et mémoire passent par le Web

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Publié le 3 avril 2008.

INTERNET – Trois sites s’ouvrent au même moment pour ne pas oublier ...

Le «devoir de mémoire» va-t-il se faire aussi grâce au Net?

La première encyclopédie mondiale sur les violences de masse (génocides, crimes contre l’humanité, massacres, déportations, dont la plupart ont été commis au XXe siècle) a ouvert en ligne jeudi. Tout part d’une carte du monde interactive qui donne accès à des chiffres, des fiches et des récits «les plus neutres possibles» en anglais. Un «travail monstrueux», tant pas l’ampleur que par la nature du sujet, décrit Jacques Sémelin, professeur au Ceri (Centre d’études et de recherches internationales) qui a travaillé avec une cinquantaine de chercheurs et d’historiens de par le monde sur ce projet depuis 2004.

Sur la trace des esclaves

Comme si les administrateurs de sites s’étaient synchronisés, un autre site de «mémoire» s’ouvre au même moment et plonge, pour sa part, dans les années 1812-1834, la période où la Grande-Bretagne régnait sur tout un empire. Ancestry.co.uk dresse le registre de plus de 2,7 millions d'esclaves et de 280.000 «propriétaires» d'esclaves originaires de 17 anciennes colonies britanniques, dont la Jamaïque. Ceux-ci peuvent être retrouvés par nom, année de naissance et sexe. But de l’opération: que les descendants de ces esclaves (cela concernerait environ un demi-million d’habitants de Grande-Bretagne) puissent retrouver leurs origines. Parmi ceux qui proviennent des Caraïbes, on compte par exemple Naomi Campbell (d'origine jamaïcaine) ainsi que le pilote de Formule 1 Lewis Hamilton (de la Grenade).

«Le registre des esclaves représente une ressource vitale et, pour beaucoup, les seules archives sur leurs ancêtres», a déclaré Simon Harper, porte-parole d'Ancestry.co.uk.

Se souvenir et chercher aussi


Non seulement l’Histoire s’empare du Web, mais le Net lui offre en retour des outils affûtés. Exemple au mémorial des vétérans du Vietnam, un mur situé à Washington qui liste les 58.256 soldats américains tués ou portés disparus pendant la guerre du Vietnam. Pas facile de s’y retrouver tant la liste est longue. Qu’à cela ne tienne, sur le site consacré au monument, un moteur de recherche permet de taper le nom du disparu et de voir apparaître une photo de l’endroit où son nom est inscrit sur le mur. Une technologie que pourrait reprendre le site de Yad Vashem à Jérusalem, mémorial de la Shoah.
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