L'auteur du rapport sur le piratage sur l'internet, Denis Olivennes, PDG de la Fnac, a qualifié samedi sur Europe 1 le système retenu pour lutter contre le téléchargement illicite de "pédagogique" et non pas de "liberticide".
L'auteur du rapport sur le piratage sur l'internet, Denis Olivennes, PDG de la Fnac, a qualifié samedi sur Europe 1 le système retenu pour lutter contre le téléchargement illicite de "pédagogique" et non pas de "liberticide". - Bertrand Guay AFP

La Sacem, l'organisme qui représente les intérêts des droits des artistes, a saisi la gendarmerie à propos de la vente de DVD piratés par la Fnac. Les galettes incriminées sont des «bootlegs», c’est à dire des enregistrements non autorisés de performance live par des artistes comme les Rolling Stones, Eric Clapton ou Jimi Hendrix.
 
Le Canard enchaîné a révélé dans son édition de mercredi qu’un étrange label, «Wow production», commercialisait des DVD de concerts dans les rayons de la Fnac, parfois avec la mention promotionnelle «prix vert». Ce label est pratiquement inconnu, ne disposant pas de site web, se présentait comme américain alors que la Sacem dit l’avoir retrouvé en ex-Yougoslavie.
 
Le Canard a-t-il voulu «se payer» Denis Olivennes, proche de Sarkozy?
 
Contactée par 20minutes.fr, la Sacem confirme la saisie de la gendarmerie et précise que la Fnac n’est pas le seul distributeur mis en cause. La société de gestion des droits souhaite dégonfler le début de polémique autour de la Fnac, expliquant que le Canard enchaîné a voulu «se payer» Denis Olivennes, le patron de l'entreprise et proche de Nicolas Sarkozy.
 
Cette affaire tombe en effet bien mal pour Denis Olivennes qui a présidé la commission sur la lutte contre le piratage ayant abouti à un accord en novembre dernier entre ayants droit et fournisseurs d’accès à Internet.
 
La Fnac ne peut pas tout vérifier
 
En réponse à l’enquête du «Canard enchaîné», la Fnac rappelle qu'elle «vend chaque année 260.000 références différentes» et «se fournit auprès de 600 producteurs et distributeurs français et étrangers». «Même s'il est absolument impossible de vérifier pour chacune de ces références la titularité effective des droits, la Fnac est extrêmement vigilante et recherche activement des contrefaçons éventuelles», poursuit le distributeur.
 
«Dès lors qu'elle a connaissance, notamment par les ayant droits, que sa bonne foi a été abusée et que telle ou telle référence est commercialisée alors même que le fournisseur ne disposait pas des droits, et si la présomption est sérieuse, la Fnac retire immédiatement la référence concernée», poursuit le distributeur, qui assure que «les cas sont extrêmement rares, infinitésimaux même au regard des quantités vendues».

Des tracts de la CFTC dès décembre

«Le Canard enchaîné» explique que des tracts imprimés par le syndicat CFTC alertaient la direction de la Fnac au sujet de la mise en vente de DVD piratés dès décembre dernier. Interrogé par 20minutes.fr, le syndicat confirme cette information et souligne que la direction n’a rien fait pour faire changer la situation. Au contraire, «elle envisageait alors de porter plainte contre nous», rapporte Marc Bruneau, représentant du syndicat dans l’entreprise.
 
Le site Degroupnews a trouvé des preuves de la vente de ses DVD pirates en se rendant dans les rayons de la Fnac pour photographier les galettes en question.

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