Warner m'a tué. C'est ce qu'aurait pu annoncer Toshiba en confirmant, hier mardi, l'abandon de son format de disque haute-définition HD-DVD. Après deux ans d'âpre bataille contre Sony et son Blu-ray disc, le coup de grâce au support promu par Toshiba a, de l'avis de tous, été donné par Warner il y a un mois. La major avait alors annoncé son ralliement exclusif au camp Blu-ray. Résultat, le seul soutien au HD-DVD par Paramount, DreamWorks et Universal ne suffisaient visiblement plus pour maintenir à flot le petit disque. Taxée par certains de déstockage massif, la baisse drastique du prix de vente des platines HD DVD (affichées à moins de 200 euros) qui s'en est suivie n'était pas parvenue à convaincre la distribution. Ainsi, le géant américain Wal-Mart avait décidé d'abandonner purement et simplement la commercialisation du support. Résultat, Toshiba jette l'éponge mais livrera néanmoins ses lecteurs aux magasins jusqu'à fin mars.
Moins cher à produire, le HD-DVD n'avait pourtant pas à rougir de ses ventes. Selon une source non officielle, les lecteurs HD-DVD ont représenté 70 % des 28 000 platines de salon haute définition vendues en France en 2007. Arme ultime de Sony, la PS3 et son lecteur Blu-ray (600 000 consoles vendues dans l'Hexagone l'an passé) donnait cependant l'avantage à son format en termes de vente de films, avec une répartition de l'ordre de 80 % contre 20 % pour le HD-DVD. « L'horizon de la haute définition se dégage, mais le marché grand public devrait plutôt exister en 2010, qui devrait être une très bonne année pour l'ensemble de la filière HD », observe Jérôme Habauzit du cabinet Aqoa. Pour Toshiba, la facture se chiffrerait en centaines de millions de dollars.