• Des lunettes intelligentes baptisées « Itchynose » [nez qui gratte] vont pouvoir contrôler un ordinateur à distance.
  • En frottant le nez, on pourra répondre au téléphone.
  • On entre dans l’ère de l’homme-machine.

Ceux qui ont passé leur enfance à s’étonner que rien ne se produise lorsqu’ils copiaient le geste du nez de Samantha de Ma sorcière bien-aimée vont voir leur rêve se réaliser. En se grattant le nez, ils vont bientôt pouvoir contrôler un ordinateur à distance.

«Ma sorcière bien-aimée», extrait du mouvement de nez de Samantha
«Ma sorcière bien-aimée», extrait du mouvement de nez de Samantha - Capture YouTube

Elles ne sont pas encore en vente, mais le concept est là. Des lunettes intelligentes, baptisées pour l’instant « Itchynose » (nez qui gratte), ont été développées par un groupe de chercheurs de l’université KAIST en Corée du Sud, de l’université de St Andrews en Écosse et de l’université Georgia Tech aux États-Unis, selon The Verge. D’un simple frottement sur les narines, elles vont permettre de rejeter un appel, de répondre au téléphone, de changer de chanson et de mettre une vidéo sur pause. C’est officiel, on va tous devenir cyborgs (si ce n’est pas déjà fait).

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La fusion avec le téléphone

On discute déjà plus ou moins avec Alexa d’Amazon, Siri (plutôt moins que plus) d’Apple, Cortana de Microsoft et Google Assistant, on donne une place énorme à nos téléphones portables dans notre quotidien. Il n’en fallait pas beaucoup plus. Selon la définition, un cyborg est un humain « amélioré » (ou réparé) par un dispositif artificiel qui lui permet de survivre à son milieu. Mais surtout, l’organisme biologique entretient une relation intime avec la machine.

« On peut considérer que nous avons une relation de cyborg avec notre téléphone car l’échange est très fort avec cet objet », nous expliquait en avril dernier Nathanaël Jarrassé, chercheur au CNRS à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR). Et la fusion (psychologique) avec le smartphone a opéré. On dit, « je n’ai plus de batterie » au lieu de « mon téléphone n’a plus de batterie ».

Tattoos connectés

La relation d’intimité entre l’homme et la machine ne fait que commencer. Les « hearables », des objets connectés qui se nichent dans nos oreilles, devraient se démocratiser rapidement. Dopés à l’IA, ils sont capables de communiquer avec leur utilisateur, de réaliser des mesures pour les sportifs et d’écouter de la musique. On ne s’étonne déjà plus de voir des gens parler seuls dans la rue, mais dans le futur, ce sera avec une voix synthétique.

Reste que le top de la cyborg attitude, ce sont les tattoos connectés qui se dessinent sur les corps. Le DuoSkin, par exemple, issu d’une collaboration entre le MIT (l’Institut de technologie du Massachusetts) et Microsoft Research, permet de contrôler des objets à distance quand Motorola avait déjà créé dans le passé un tatouage pour déverrouiller son téléphone portable. Trois esthétiques pour trois protocoles. Le premier permet au tatouage de servir d’interface tactile pour commander des appareils connectés ; le deuxième, de stocker des informations et de les transmettre ; le troisième de relever la température du corps et le rythme cardiaque de l’utilisateur, détaille Les numériques.

Nos interactions avec la machine ne vont cesser de se multiplier. Qu’elle nous augmente, répare nos handicaps, ou simplement nous guide au quotidien grâce à l’intelligence artificielle (qui ne fait que se perfectionner). Vous ne pouvez plus reculer : vous êtes des cyborgs.