Au moins 23 millions d’Américains auraient vu des publicités achetées par la Russie sur Facebook

ETATS-UNIS Facebook a reconnu devant le Congrès américain que son site avait servi pour la propagande russe…

O. P.-V.

— 

Facebook a une étrange méthode
pour coacher ses modérateurs.

Facebook a une étrange méthode pour coacher ses modérateurs. — MATHIEU PATTIER/SIPA

  • 470 faux comptes liés à une société russe auraient acheté pour 100.000 dollars de publicités sur Facebook.
  • Cette propagande a usé au maximum des possibilités offertes par l’algorithme du site pour diffuser ces messages.
  • Entre 23 et 70 millions d’Américains auraient été exposés à ces publicités entre juin 2015 et mars 2017.

L’impact des fake news et l’influence de la Russie sur l’élection de Donald Trump lors de l’élection américaine en 2016 continuent de faire débat. Le Washington Post a rapporté dans un article repéré par Numerama que Facebook avait reconnu le 6 septembre devant le Congrès américain que des encarts publicitaires avaient été achetés par une société liée au Kremlin.

>> A lire aussi : Interrogé au Congrès, Donald Trump Jr nie toute collusion avec Moscou

Son responsable de la sécurité, Alex Stamos, a expliqué que 470 faux comptes et pages pro-russes avaient dépensé pour 100.000 dollars pour promouvoir « des messages politiques et sociaux de division » auprès des utilisateurs américains du site de Mark Zuckerberg.

Dernière nouvelle dans cette histoire : Dennis Yu, cocréateur d’une agence publicitaire qui travaille exclusivement avec Facebook, a expliqué au Daily Beast qu’au minimum 23 millions d’Américains ont été exposés à ces publicités orientées. La fourchette est large, puisque le maximum pourrait être de 70 millions.

3.000 publicités diffusées entre juin 2015 et mars 2017

Une audience énorme, pour « seulement » 100.000 dollars dépensés dans 3.000 publicités diffusées entre juin 2015 et mars 2017. 3.000, c’est en apparence une goutte d’eau sur un site comme Facebook, mais la société, située à Saint-Pétersbourg selon le géant américain, a su jouer avec l’algorithme du site pour une mise en valeur maximale.

Alex Stamos a expliqué dans un post de blog que ces publicités venues de Russie insistaient sur « des sujets tels que les problématiques LGBT, les questions raciales, l’immigration ou le port d’arme ». Dennis Yu précise que « l’algorithme de Facebook sait déjà à qui les montrer, par exemple les amis de ceux qui les ont déjà aimées. C’est une loterie sans risque, dont le coût minimum est de 1 dollar par jour ».