Le leader des logiciels Microsoft a annoncé vendredi avoir fait une offre de 44,6 milliards de dollars pour racheter le portail Yahoo!.
Le montant proposé par Microsoft est en cash et en action, soit 31 dollars par action, une prime de 62% sur le cours de clôture au Nasdaq jeudi soir. Selon le communiqué de Microsoft, l'entreprise fondée par Bill Gates envisage, en cas de fusion, des synergies qui représenteraient des économie équivalentes à au moins un milliard de dollars, et ce, dans quatre secteurs. Pour Microsoft, l'intérêt est de mettre l'accent sur la puissance «d'innovation» des deux entreprises, leur «savoir-faire en matière de moteur de recherche», la création de «nouvelles communautés» et la possibilité de développer des «services» en ligne.
Cette proposition n'est «pas une totale surprise avec tous les mouvements de concentration entre les grands du Web. D'ailleurs, l'idée avait déjà été émise l'année dernière», commente Delphine Gatignol, de l'institut d'analyses Comscore. Mais Yahoo! avait rejeté les offres précédentes, comme le confirme le PDG de Microsoft Steve Ballmer dans une lettre adressée à Yahoo!.
Yahoo! traverse une forte crise de turbulences, avec la suppression de 1.000 emplois sur 14.200 postes, soit 7% de ses effectifs, et un recentrage de ses activités.
Quelques heures avant cette annonce, la société a déclaré que Terry Semel, ancien directeur général, quittait immédiatement le conseil d'administration qu'il présidait. Il est remplacé par Roy Bostock.
Semel, qui avait réussi à bien gérer le tournant du portail après l'éclatement de la bulle Internet en 2000, s'est laissé déborder par Google dans la publicité et la recherche sur le Net.
Si certaines opérations de rachat de service Web 2.0 (Flickr, Delicious) lui avait permis de sauver la face, il est reproché à Semel de n'avoir pas vu la montée en puissance des réseaux sociaux tels que MySpace (200 millions de membres) et Facebook (plus de 60 millions d'inscrits).
Plus d'informations à suivre dans quelques instants...