Attaque sur les Champs-Elysées: Les intox de la soirée

WEB Complice, nombre de victimes, fusillade dans les rues adjacentes, après l'attentat les rumeurs se sont multipliées sur le Web...

Noémie Seguin

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Un soldat français patrouille sur les Champs-Elysées après la fusillade du 20 avril 2017.

Un soldat français patrouille sur les Champs-Elysées après la fusillade du 20 avril 2017. — THOMAS SAMSON / AFP

Vent de panique sur la plus belle avenue du monde autour de 21h jeudi soir. Une nouvelle attaque terroriste est en cours. Aussitôt, la folle machine à rumeurs se met en marche. Difficile de faire le tri entre fausses et vraies informations sur les réseaux sociaux. Nous faisons le point.

Intox numéro 1 : une deuxième fusillade aurait eu lieu dans le quartier

A 22h13, l’agence de presse Reuters tweete sur son compte : "D’autres coups de feu ont été tirés dans une rue adjacente aux Champs-Elysées, selon une source policière". Une information qui n’a pas été confirmée par le ministère de l’Intérieur mais que va pourtant relayer François Fillon sur le plateau de France 2 dans l’émission « 15 minutes pour convaincre ». Le candidat LR évoque la possibilité « d’autres violences ailleurs dans Paris ».

Moins de trente minutes plus tard, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, s’empresse d’étouffer la folle rumeur au micro des médias et via un tweet sur le compte officiel du ministère.

Les coups de feu entendus rue Vernet ne serait en fait dû qu’à un SDF qui « s’amusait à taper sur un truc », selon une source policière. François Fillon est alors vivement critiqué sur les réseaux sociaux. 

Intox numéro 2 : Un deuxième policier tué

Comment ne pas croire une information quand elle est diffusée par une source a priori « sûre » ? Le syndicat Unité SGP Police a en effet annoncé sur son compte Twitter, un peu plus d’une heure après l’attaque, qu’un deuxième policier avait péri dans l’attaque.

L’information est reprise dans les médias et par les agences de presse, avant de se voir démentir une nouvelle fois par le ministère de l’Intérieur.

Le syndicat s’est empressé de supprimer ce tweet de son compte mais le mal était fait et la rumeur propagée.

Info ou Intox numéro 3 : Un complice serait en fuite

François Molin, procureur de la République, a déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi que « l’homme a semblé avoir agi seul lors de l’agression, et des investigations sont en cours pour établir » s’il a bénéficié ou pas de complicités". Des propos qui viennent contredire la rumeur la plus persistante sur les réseaux sociaux. Celle d’un autre suspect présent lors de l’attaque, toujours en fuite et donc d’une chasse à l’homme en cours dans la capitale parisienne.

Une confusion autour du nombre d’assaillant renforcée par la revendication de DAESH qui félicite pour cet attentat un « soldat », Abu Yussef al-Belgiki (le Belge). Or, selon des sources proches de l’enquête, l’agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l’objet d’une enquête antiterroriste.

>> A lire aussi : Fusillade sur les Champs-Elysées: Le suspect avait tenté de tuer des policiers en 2001

Pour tenter de mettre fin aux spéculations les plus folles, le gouvernement et le ministère de l’Intérieur ont lancé sur les réseaux sociaux une campagne pour appeler la population à se méfier des intox et à être responsable.