Le jury de déontologie publicitaire saisi pour une publicité Yves Saint Laurent jugée sexiste

MODE Une quinzaine de plaintes ont été déposées auprès du jury de déontologie publicitaire…

Helene Sergent

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Capture d'écran d'un tweet dénonçant la nouvelle campagne de pub Yves Saint Laurent.

Capture d'écran d'un tweet dénonçant la nouvelle campagne de pub Yves Saint Laurent. — @nicolasantonini

« Yves Saint Laurent, retire ta pub dégradante. » Voilà le message diffusé depuis vendredi sur le réseau social Twitter. En cause, la nouvelle campagne d’affiches de la collection automne 2017. Visibles notamment dans les rues de Paris, deux images ont particulièrement heurté les internautes qui ont lancé un mot-clé dédié.

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Sur la première, on aperçoit une jeune femme en résille, patins à roulettes fixés sur des talons aiguilles et les jambes écartées. La seconde met en scène un mannequin penché en avant sur un tabouret, en collant, patins et talons. Réalisée par le couple de photographes néerlandais, Inez and Vinoodh, la campagne est jugée « dégradante », « humiliante », « consternante » ou encore « inacceptable ».

Une quinzaine de plaintes déposées

Contacté par 20 Minutes, le service communication de la marque semblait découvrir les réactions suscitées par la campagne et n’a pas donné suite à nos sollicitations, précisant que la « maison ne communiquera pas ». La mobilisation sur les réseaux sociaux s’est, elle, poursuivie au cours du week-end et plusieurs internautes ont saisi l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

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Stéphane Martin, directeur général de cette instance, a également été interpellé : « Vendredi, une première plainte est arrivée auprès du jury de déontologie publicitaire (JDP). Depuis, une quinzaine ont été déposées. Le jury va s’en saisir, examiner la recevabilité de ces plaintes, entendre les arguments d’Yves Saint Laurent et éventuellement ceux des supports qui ont diffusé cette publicité. »  Sur son site, l’ARPP précise : « Toute représentation dégradante ou humiliante de la personne humaine (…) est exclue, notamment au travers de qualificatifs, d’attitudes, de postures, de gestes, de sons, etc., attentatoires à la dignité humaine. » Le délai des procédures menées par le JDP est de quarante jours en moyenne.

Ce n’est pas la première fois qu’Yves Saint Laurent est épinglé pour ses publicités. En juin 2015, un visuel publié dans le magazine Elle UK a été interdit par l’autorité de régulation de la publicité du Royaume-Uni, qui a jugé que le mannequin qui y apparaissait était « maladivement maigre ».