La lutte contre le sexisme et les inégalités hommes-femmes se passe (aussi) sur le Web

WEB Les sites, hashtags et Tumblr se multiplient pour dénoncer le sexisme…

A.Ch.

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Pour combattre le sexisme dans le secteur des hautes technologies, Isis Anchalee a créé, en août 2015, le hastag #iLookLikeAnEngineer, qui cartonne qui Twitter.

Pour combattre le sexisme dans le secteur des hautes technologies, Isis Anchalee a créé, en août 2015, le hastag #iLookLikeAnEngineer, qui cartonne qui Twitter. — Isis Anchalee/Twitter

Tout a commencé en 2010, avec le blog Vie de meuf. A l’image du célèbre « Vie de merde », des femmes venaient y raconter, à l’invitation du réseau Osez le féminisme, les petites remarques quotidiennes et les situations d’inégalité qu’elles vivaient dans leur milieu professionnel. Depuis, de nombreux sites, Tumblr, blogs et hashtags sont venus gonfler le plaidoyer en faveur de l’égalité hommes-femmes, qui n’arrivera pas dans la vraie vie avant l’année 2186 nous apprend ce mercredi le Forum économique mondial.

>> A lire aussi : Egalité hommes-femmes: «Pas avant 2186», estime le Forum économique mondial

Des hashtags au féminin

Sur Twitter, des hashtags destinés à montrer du doigt les réflexions sexistes ont été relayés : #SiLesFemmesParlaientCommeLesHommes, par exemple, revisitait les clichés dont les femmes s’estiment victimes.

 

 

Récemment, après que les déclarations vulgaires et machistes de Donald Trump aient été révélées, des Américaines ont lancé le hashtag #Notokay pour raconter les agressions sexuelles dont elles ont été victimes.

 

 

Dans un tout autre genre, des hommes ont lancé le hashtag #Meninhijab et posté des photos d’eux portant le hijab pour soutenir les femmes iraniennes.

 

 

Des sites qui recensent les paroles sexistes

Plusieurs sites ou blogs se sont donnés pour mission de recueillir les témoignages de femmes victimes de sexisme. Après l’affaire Baupin en mai dernier, le blog #Sexismeordinaire a été créé « parce qu’en plus du harcèlement sexuel, fort heureusement condamné par la loi, il y a aussi toutes ces petites remarques quotidiennes et insidieuses, semi-paternalistes, un poil rabaissantes et ce qu’il faut de condescendantes pour bien te rappeler que tu es bienvenue dans le monde du travail mais tant que tu restes pas trop loin de la porte d’entrée (et de sortie) », expliquait son auteure.

 

 

Plus récemment, des avocates ont créé un Tumblr destiné à dénoncer le sexisme dans la milieu de la justice. Baptisé « Paye ta robe », en hommage au célèbre « Paye ta shnek » qui dénonçait le harcèlement dans l’espace public, ce Tumblr recense de nombreux témoignages de femmes magistrates ou avocates.

 

 

Quelques jours auparavant, c’était des collaboratrices parlementaires qui lançaient le site Chaircollabotrice.com pour dénoncer « les propos et agissements sexistes » qui « sont le quotidien des femmes en politique, qu’elles soient élues ou collaboratrices ».

 

 

Inversion des rôles

Une des façons fréquemment utilisées pour dénoncer le sexisme est l’inversion des rôles entre hommes et femmes. Une Canadienne a ainsi parodié avec humour les photos machos d’un milliardaire adepte de femmes nues et de grosses bagnoles.

 

 

Une journaliste du Guardian avait pour sa part entrepris d’aller accoster des hommes dans la rue de manière aussi triviale que lorsque ce sont eux qui le font.

 

 

L’actrice américaine Kristen Bell s’était pour sa part métamorphosée en patronne machiste afin de dénoncer les inégalités salariales.

 

 

Une petite fille de 8 ans a aussi fait le buzz en commentant, dans une vidéo, le rayon des vêtements pour enfants : « C’est injuste parce que tout le monde pense que les filles devraient simplement être jolies et les garçons aventureux… C’est faux, pourquoi les habits des filles et des garçons doivent être séparés ? », s’interrogeait-elle.

 

 

Quand les médias s’engagent

Lorsque le magazine Elle a décidé de supprimer les hommes des photos officielles dans le cadre de la campagne #ElleFeminism, le résultat a été saisissant. Voici par exemple à quoi ressemble la marché du 11 janvier 2015 sans les hommes.

 

 

En juin dernier, des employées de Google décidaient de lancer le « Lady Day » après une phrase prononcée par un actionnaire du géant du Web lors d’une assemblée générale. Les 16 et 17 juin seront désormais destinés à sensibiliser toutes les équipes de Google au sexisme dans le monde du travail.

 

 

Et bien sûr, comment ne pas évoquer le lancement en février du site (pas si) parodique Madame Gorafi qui, selon sa ligne éditoriale, veut donner la possibilité à son lectorat de « vivre le sexisme de façon épanouie ». Et surtout, d’en rire.