INTERNET - Outre-Atlantique, difficultés techniques et coût d’installation font patiner les projets...
Quel est le point commun entre San Francisco, Cincinnati, Springfield, Chicago ou Philadelphie? Elles ont toutes
renvoyé aux calendes grecques leur projet de réseau wi-fi. A San Francisco (Californie), Gavin Newson, le maire de la ville, bataille pour offrir à ses administrés un réseau wi-fi. L’idée initiale: proposer une connexion Internet gratuite et de faire payer un supplément pour profiter d’une bande passante plus importante.
Trop cher
La ville de San Francisco avait prévu de laisser la charge des infrastructures à EarthLink, une société spécialisée dans les télécommunications sans fil, le tout financé par les fonds générés par les liens sponsorisés de Google. Mais EarthLink, depuis, s’est retiré devant le peu de viabilité économique d’un projet estimé à 15 millions de dollars (12 millions d’euros). La ville semble décidé à faire le travail elle-même. Résultat, le wi-fi de San Francisco reste dans les cartons. Et à Chicago, là encore EarthLink a jeté l’éponge. Toujours pour les mêmes raisons.
Pour les sociétés privées censées installer les réseaux tout comme pour les municipalités, le marché du wi-fi est jugé «instable» et les deux parties doute d’un retour sur investissement satisfaisant. A Houston, EarthLink s’est avancé trop vite et doit payer une amende de 5 millions de dollars (3,5 millions d'euros) pour retard à la livraison.
La technologie wifi n’entre pas dans les foyers
David McClure, président de l’Association de l’industrie du web, les difficultés techniques de déploiement et problèmes de sécurité inhérent aux connexions sans fils augmentent les coûts. Interrogé par le site high-tech TechNewsWorld, David McClure s’étonne, à moitié, qu’
«aucune administration fédéral n’ait opté pour le wifi à cause des problèmes de sécurité qu’il engendre». Autre point faible selon David McClure : «le wi-fi n’est pas conçu pour un déploiement sur de grandes surfaces. Il ne peut pénétrer les cloisons en brique, en ciment et quand il cohabite avec d’autres réseaux, il existe de grosses interférences avec les téléphones portables ou les micro-ondes. En revanche, cela peut être une bonne technologie pour les petites villes».
Paris plus modeste
Si les grandes villes américaines échouent à mettre en place des réseaux étendus, Paris, plus modeste, opte pour des points d’accès installés dans les lieux publics comme les squares ou les bibliothèques municipales. Selon Danièle Auffray, chargée du dossier à la mairie de Paris, «depuis cet été, 400 points de connexions ont été mis en place dans les lieux appartenant à la ville.» Des «spots» équipés par l’opérateur SFR et qui seront inaugurés officiellement samedi par l’équipe municipale.
M.N