HIGH-TECH - Les Etats-Unis y voient une nouvelle forme de...
Depuis lundi et l
a condamnation de Microsoft par une juridiction européenne pour abus de position dominante, les compagnies américaines du high-tech se font du souci. Apple, Google, Intel ou Qualcomm se demandent à quelle sauce ils vont être mangés par les juristes de la Commission européenne.
Intel et Apple sous surveillance
Car toutes ces firmes dominent leurs marchés respectifs en réussissant à imposer des standards technologiques plus ou moins verrouillés. Ou alors sont devenus leaders en pratiquant des politiques commerciales agressives qui compliquent l’arrivée de concurrents potentiels. Ainsi Intel, depuis une plainte d’AMD, est soupçonné de proposer des rabais aux fabricants d'ordinateurs à condition qu’ils se fournissent en microprocesseurs de sa fabrication. Conséquence: le numéro un mondial du processeur pour ordinateur risque une forte amende, 10% de ses revenus en 2006, soit environ 2,5 milliards d’euros. Intel n’est pas seul.
Un marché unique, un prix unique
Jeudi et vendredi, les dirigeants d’Apple sont entendus par les experts chargé de la concurrence au sein de la Commission européenne. Dans la ligne de mire de l’Union européenne: les prix de ventes sur iTunes Store, la plateforme d’achat en ligne d’Apple. La Commission reproche à Apple de pratiquer des prix différents en fonction des pays, contrevenant ainsi à la notion de marché unique européen. Point aggravant: le système de iTunes est verrouillé afin d’empêcher un internaute français d’acheter des pistes sur le iTunes version anglaise ou espagnole. Pour expliquer cette situation, Steve Jobs, patron de la firme à la pomme, se retranche derrière les maisons de disques qui, selon lui, «imposent des prix différents». D’après le New York Times, Jobs est
«pour une tarification unique mais les majors ne veulent pas». Traduire: le problème soulevé par la Commission européenne concerne les maisons de disque et non iTunes Store.
Protectionnisme?
Les compagnies américaines ne sont pas les seuls à s’irriter du verdit Microsoft. Pour Thomas Barnett, chef de la division anti-monopole au département américain de la Justice, la condamnation de Microsoft va geler l’innovation et décourager la compétition technologique. Robert Wexeler, président de la commission sur les relations Etats-Unis — Europe à la chambre des représentants, y voit «une nouvelle forme de protectionnisme».
«Inquiet pour les entreprises américaines du high-tech», le représentant démocrate prévoit «un désastre économique si la Commission européenne vient à multiplier les procès pour monopole». Accusé d’avoir violé la loi antitrust, Microsoft s’en est mieux tiré aux Etats-Unis et a échappé à
un découpage de l’entreprise en deux au terme d’une bataille judiciaire de 10 ans. Mais reste sous la surveillance de la justice.
M.N