L'ancien consultant de la NSA Edward Snowden interviewé dans l'émission "Last Week Tonight".
L'ancien consultant de la NSA Edward Snowden interviewé dans l'émission "Last Week Tonight". - HBO

Edward Snowden dénonce le « bullshit » du FBI. Pour le lanceur d’alerte, la police fédérale américaine, qui affirme avoir besoin de l’aide d’ Apple pour déverrouiller l’iPhone utilisé par un tireur de la fusillade de San Bernardino, en Californie, raconte en somme des carabistouilles.

« Le FBI dit qu’Apple a des "moyens techniques exclusifs" pour déverrouiller un iPhone. Très respectueusement, c’est des conneries », a lancé l’ancien employé de la NSA, réfugié en Russie depuis 2013, dans une discussion vidéo lors d’une conférence (à partir de 30:10 dans la vidéo ci-dessus).

Se faciliter la tâche pour l’avenir

Sur Twitter, l’ancien employé de la NSA a développé sa pensée : « Les experts technologiques du monde entier s'accordent contre le FBI », a-t-il écrit, en renvoyant vers un lien qui explique précisément comment le FBI aurait pu contourner la fonction de l’iPhone qui efface les données lorsqu’un mauvais mot de passe est entré dix fois de suite. C’est « un exemple », a précisé Edward Snowden.

Un moyen qui est loin d’être le seul. Dès le début, le FBI aurait ainsi pu accéder à la sauvegarde de l’iPhone sur le service iCloud, s’il n’avait pas réinitialisé manuellement son mot de passe. Le « Bureau » aurait aussi pu extraire la puce du téléphone pour y accéder de l’extérieur, une technique brutale qui nécessite de l'attaquer à l'acide et de la percer, mais qui a déjà fait ses preuves. Ou encore réinitialiser le compteur interne de l’iPhone afin de pouvoir essayer un nombre illimité de mots de passe, détaille le site The Intercept.

Dans le post de blog auquel Edward Snowden fait référence ci-dessus, Daniel Kahn, un membre de l’Union américaine pour les libertés civiles, estime que « le FBI veut nous faire croire que cette affaire concerne uniquement un téléphone, utilisé par un terroriste. » Mais ce n’est qu’une « tentative de coup de force, continue-t-il. Les autorités sont face à des dizaines d’autres affaires dans lesquelles elles adoreraient pouvoir contraindre les fabricants de matériel et de logiciels à fournir un code délibérément affaibli. » En clair, le FBI voudrait se faciliter la tâche pour l’avenir.

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