Illustration logo twitter
Illustration logo twitter - SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Le fameux logo de Twitter est-il un oiseau de mauvais augure ? Pour beaucoup, il est en tout cas porteur de mauvais comportements, qui vont de l’insulte misogyne à la justification du viol en passant par la diffusion de photos intimes sans le consentement des personnes, souvent des jeunes femmes, qui y sont visibles. Parce qu’il estime que le réseau social ne fait pas assez pour lutter contre ces messages malveillants, un collectif s’est créé en ce début d’année. Baptisé « Feminism vs CyberBully », il a un but : bousculer Twitter pour lutter contre le cyberharcèlement.

« Sous couvert d’anonymat et profitant du flou judiciaire, nombreux sont les harceleurs à mener des combats judiciaires », dénonce le communiqué du collectif, très actif sur Twitter où il utilise le hashtag #TwitterContreLesFemmes. En fait, les règles sont claires : côté loi française, « porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui » est puni d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. Côté réseau social, Twitter a récemment durci ses conditions d’utilisation pour enrayer les messages haineux. Il n’empêche : pour les membres du collectif, le réseau social fait « preuve de laxisme dans sa modération », et il est vrai qu’il cultive le flou sur les moyens qu’il met en œuvre pour empêcher les dérives nuisibles.

Exemple à l’appui

Triste (ou révélateur ?) hasard du calendrier, la campagne anti-harcèlement du collectif est lancée au moment où un nouvel exemple de cyberharcèlement a lieu en France : C*****, une adolescente, a été visée dès le début de l’année par un déferlement de messages insultants publiés sur les réseaux sociaux. En cause, une photo de la jeune fille, à moitié dénudée et en compagnie d’un adolescent, prise sans son consentement et diffusée sur Snapchat puis sur les autres réseaux sociaux.

Contactée par Libération, sa mère décrit ses nombreux efforts pour « nettoyer ce tas d’immondices » qui pourrait durablement ternir la réputation en ligne de sa fille, désignée nommément dans les messages malveillants (ou, ironiquement, dans ceux qui la soutiennent). Encore trouvable ce mardi après-midi sur Twitter, la photo à l’origine du harcèlement avait fini de disparaître en début de soirée mais restait visible sur Google Images. En parallèle, deux hommes identifiés dans une vidéo violente largement relayée sur les réseaux sociaux étaient mis en examen et écroués pour « viol en réunion, enregistrement d’images d’un viol en réunion et atteinte à la vie privée »…

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