VIDEO. Japon: On a visité l’hôtel entièrement géré par des robots

HIGH-TECH Ouvert cet été près de Nagasaki, cet établissement est le premier du genre...

A Sasebo, Mathias Cena

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Un dinosaure robotique accueille les clients du Henn na hotel, au sud du Japon.

Un dinosaure robotique accueille les clients du Henn na hotel, au sud du Japon. — M.CENA/20 MINUTES

Passée la porte de l’hôtel, le visiteur n’aperçoit plus aucun humain. Robots à la réception, à la consigne, et jusque dans les chambres : au premier coup d’œil, le « Henn na hotel » (« hôtel étrange », ou « hôtel qui évolue » en japonais) mérite bien son nom.

L’établissement, ouvert depuis le 17 juillet, est situé dans le parc à thème Huis Ten Bosch, qui recréé un petit coin de Pays-Bas dans la ville japonaise de Sasebo, près de Nagasaki (sud-ouest du pays). Dès la réception, le visiteur est accueilli par trois robots au choix, qui attendent sagement derrière le comptoir : Nao, le petit robot humanoïde développé par la société française Aldebaran s’y tient près d’une jeune réceptionniste que l’on pourrait confondre de loin avec une humaine. A côté, le seul à parler l’anglais, en plus du japonais, est un dinosaure, « pour plaire aux enfants », précise Hideo Sawada, le président de Huis Ten Bosch, qui a souhaité « des robots expressifs ».

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Des caméras de reconnaissance faciale en guise de clés

Partout où se porte le regard, il n’y a que des robots : le préposé à la consigne est un gigantesque bras industriel qui range délicatement les valises des visiteurs dans des casiers, le bagagiste un chariot automatique qui porte leurs effets jusqu’à l’une des 72 chambres puis revient tout seul à l’entrée. Devant chaque porte, une caméra remplace les clés des chambres en ouvrant après avoir identifié le visage du client, même si ceux que l’idée n’enchante pas peuvent demander une carte d’accès magnétique. La robotique est présente jusque sur la table de nuit, où une créature rose prénommée Tuly qui ressemble à une lampe de chevet reçoit les ordres des invités par commande vocale, gère les lumières, leur donne l’heure ou les informe sur la météo.

L’hôtel, qui mise sur son originalité pour attirer les touristes, propose des prix particulièrement bas, à partir de 9.000 yens (environ 66 euros) la nuit. Il est d’ailleurs né de contraintes budgétaires bien spécifiques : « A Tokyo ou Osaka, comme à Londres ou New York, le coût de l’hôtellerie est en hausse », note Hideo Sawada. Pour faire des économies, « on a étudié comment construire un hôtel où les coûts pourraient être réduits de 30, 40 ou 50 %. »

« Le Henn na hotel ne crée pas de chômage »

Au final, le coût opérationnel de l’établissement représente le quart de celui d’un hôtel classique, estime l’entrepreneur de 64 ans, président-fondateur de l’agence de voyages HIS, qui a été mandaté en 2010 pour redresser les comptes du parc Huis Ten Bosch. Outre le personnel, les économies ont été réalisées sur le coût de construction et la consommation d’énergie, par l’installation de panneaux radiants qui remplacent le chauffage et la climatisation « classiques » par ventilation, tandis que les frigos sont absents des chambres, et les télévisions remplacées par des tablettes.

Fort de sa devise selon laquelle « les humains devraient se concentrer sur des tâches que seuls les humains peuvent accomplir », le Henn na hotel compte malgré tout 10 employés en chair et en os, pour assurer la sécurité, la maintenance des robots et le ménage des chambres. « Nous utilisons des robots pour nettoyer le sol, mais ce sont des appareils à usage domestique, qui ne sont pas encore assez performants pour nettoyer les chambres », précise-t-on.

Poursuivant sur sa lancée, Hideo Sawada a commencé la construction d’un second bâtiment, qui à son ouverture en mars prochain portera à 144 chambres la capacité d’accueil de l’hôtel, le parc proposant en tout 800 chambres. « Le Henn na hotel ne crée pas de chômage », affirme le président de Huis Ten Bosch, qui emploie 1.300 personnes sur place. A Nagasaki, la ville principale de la région, située à 90 km de là, « la population diminue, remarque-t-il. Mais ici à Sasebo, elle augmente ».

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