TECHNOLOGIE - L'agenda électronique est interdit dans les couloirs de l'Elysée et de l'Hôtel Matignon...
Ça grogne dans les ministères depuis que le BlackBerry est devenu indésirable. Les personnels des différentes administrations de la présidence de la République et de l'Hôtel Matignon ont été invités à ne plus utiliser cet assistant personnel électronique qui permet de téléphoner et de recevoir des courriers électroniques. La raison invoquée par le secrétariat général de la défense nationale (SGDN) dans une circulaire:
les informations et les appels pourraient être interceptés par les Américains via la NSA. Une agence de surveillance des Etats-Unis qui dispose d'infrastructures outre-Manche.
Pour la SGDN, il est «hors de question», de laisser traîner sur des serveurs basés aux Etats-Unis et outre-Manche des informations provenant de différentes administrations gouvernementales. En effet, le BlackBerry qui est un produit de la société canadienne Research in Motion (RIM), stocke toutes les données sur des ordinateurs situés aux Etats-Unis et en Angleterre.
La décision est mal vécu par les hauts fonctionnaires qui pour un bon nombre d'entre eux sont issus des banques et des milieux d'affaires. Alors certains intoxiqués du BlackBerry, guère satisfaits des solutions de remplacements proposés par l'administration, continuent à utiliser le joujou de RIM «en cachette».
Matignon a réagit dans ce que l'on peut appeler maintenant «l'affaire du BlackBerry» et confirme bien que le produit de RIM n'est plus autorisé dorénavant. Et dans l'entourage du Premier ministre François Fillon, on se veut fataliste:
«aucun système n'est totalement sûr en termes de sécurisation des données.»
Des problèmes de sécurisation qui n'ont pas empêché le ministère de l’Economie et des Finances d’équiper ses cadres avec l’agenda estampillé RIM: à la fin 2006, ce sont près de 230 collaborateurs de Bercy qui ont bénéficié d'un terminal Blackberry 8700 et de ses fonctionnalités de push mail.
La polémique est un sale coup publicitaire pour le Canadien RIM qui vient de lancer son dernier modèle BlackBerry Curve. Le fabricant explique que «la NSA n'a pas la capacité de visualiser le contenu d'une communication de données envoyée par le biais des serveurs informatiques BlackBerry». Argument avancé: «la méthode de chiffrage des données est robuste et contrôlé de terminal jusqu'au serveur local de l'entreprise».
Le produit de RIM
ne fait l'unanimité dans le monde des entreprises. Total, quatrième pétrolier du globe, «n'a jamais utilisé et n'utilise pas de BlackBerry», contrairement à EADS. Le groupe aéronautique a mis à l'agenda électronique à disposition de certains de ses cadres.
EADS avait travaillé avec le fabricant Canadien pour améliorer la sécurité de l'agenda.
M.N