L’arrivée d’Apple sur le marché du streaming a été annoncée en grande pompe ce lundi. L’Adami épingle notamment le volet de la rémunération des artistes. La société qui s’occupe de la gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes a fait ses calculs et écrit dans un communiqué de presse que ceux-ci ne toucheront que 0,11 euros.

« L’Adami a réalisé une étude sur un abonnement classique à 9,99 euros comme en propose Spotify, explique Bruno Boutleux à 20 Minutes, directeur de l’organisme. Tous les artistes écoutés pendant un mois touchent 46 cts. On a appliqué la règle de trois pour trouver la rémunération qu’ils dégageront avec l’abonnement famille d’Apple Music. » Cette offre, à 15 euros par mois, permettra à une famille de six personnes d’écouter de la musique.

« Une régulation est très importante »

Bruno Boutleux voit l’avènement du streaming payant chez Apple comme « une chance » qui va développer ce marché. « Ils ont déjà un nombre d’abonnés importants à iTunes et ils ont la capacité de transformer ces comptes en auditeurs. » Le directeur de l’Adami reste sur ses gardes et avertit : « Le marché du streaming aura beau se développer, il ne recomposera pas la rémunération des artistes comme à l’époque dorée du marché de disque au début des années 2000. Tant que celle-ci reste -schématiquement- de l’ordre de 90 % pour les producteurs et 10 % pour les artistes, il y aura un problème ».

Ne voulant pas que les artistes soient des laissés pour compte, il se fait de nouveau l’écho dans ce communiqué d’une urgence à « faire une loi afin que la France rejoigne les Etats-Unis ou l’Espagne en mettant en œuvre une gestion collective obligatoire du digital pour redonner aux artistes leur véritable place, dans une industrie dont les lendemains pourraient chanter à nouveau » et que l’Adami appelle de ses vœux depuis un moment.

La société de gestion de droits participe aux consultations mises en place par les pouvoirs publics afin d’élaborer la loi Liberté de création, présentée en octobre prochain au Parlement. « Nous avons le sentiment que la ministre de la Culture est très préoccupée par cette question. Apple Music nous a renforcés dans l’idée qu’une régulation est très importante », conclut Bruno Boutleux.

 

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