Parodie de la pub Apple par defectivebydesign.org, un collectif qui combat les DRM.
Parodie de la pub Apple par defectivebydesign.org, un collectif qui combat les DRM. - defectivebydesign.org
EMI fait le grand saut. Dès le mois de mai, la major britannique proposera sur iTunes  l’ensemble de son catalogue sans DRM, ces mesures de protections initialement mises en place pour lutter contre le piratage. Le patron du groupe, Eric Nicoli, et Steve Jobs himself l’ont annoncé depuis Londres lundi, lors d’une conférence dont la tenue aura fait circuler des rumeurs tout le week-end.

Plus cher

La liberté, ça se paie apparemment. Un morceau sans DRM s’achètera 1,29 euro au lieu des 0,99 euro habituels. En contrepartie, Apple va revoir à la hausse la qualité de ses fichiers AAC en les passant à 256 kpbs, contre 128 actuellement. La firme à la pomme l’assure, à ce taux de compression, «impossible de faire la différence avec l’enregistrement original». Le prix des albums complets, lui, ne bougera pas.

Les masochistes pourront malgré tout toujours acheter des fichiers EMI avec DRM. Interrogé pendant la conférence, Steve Jobs a expliqué qu’il ne voulait «pas forcer tout le monde à payer plus cher». Il a cependant précisé qu’il serait possible de faire sauter les DRM de tous les morceaux EMI déjà achetés, moyennant finance. En clair, il faudra payer le supplément de 30 centimes par morceau.

«Enfin !»

Alors que les catalogues des indépendants sont déjà disponibles sans DRM sur eMusic, VirginMega, ou FnacMusic, EMI est la première major à faire le grand saut. D’après son patron, «faire confiance aux clients est seule solution. Avec la confiance, les ventes vont augmenter».

Steve Jobs est également optimiste. D’ici à la fin de l’année, il espère pouvoir proposer 2,5 millions de titres sans verrous… Soit bien plus que le seule catalogue EMI. «Nous espérons que d’autres majors franchiront le pas», a-t-il lancé. Contacté par 20minutes.fr, Universal France n’était pas disponible pour réagir. Pascal Nègre, son directeur, se trouve actuellement au Brésil pour affaires, s’excuse le groupe.

De son côté, Frédéric Couchet, le directeur général de l’April, qui défend le logiciel libre, n’a qu’un mot: «enfin !». «L’annonce de EMI va dans le bon sens, celui de l’abandon des DRM», se félicite-t-il.

«Apple prend un risque»

Le revirement de Steve Jobs, en février dernier, en avait étonné plus d'un. Si le consommateur a tout à gagner de l'abandon des DRM, pour le cabinet d’étude Forrester, «Apple prend un risque». Celui de voir «son monopole sur le marché de la musique en ligne vaciller». L’accord n’est en effet pas exclusif, EMI devrait bientôt dévoiler d’autres partenaires. Mais surtout, sans DRM, les utilisateurs pourront facilement convertir les fichiers achetés sur iTunes en mp3 et les lire sur des baladeurs concurrents. Steve Jobs fait un pari: convaincre les adeptes du téléchargement illégal de se mettre au payant.

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