Winkli, l’appli indiscrète qui veut concurrencer Tinder et Happn

HIGH-TECH Lancée il y a une semaine, l’application se présente comme «le Tinder des évènements Facebook» et, en permettant d'espionner les participants de ses événements, semble être l’outil ultime du stalker. Son créateur Alexis Dupont nous en dit plus…

Annabelle Laurent

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L'application Winkli se présente comme le "Tinder des événements Facebook"

L'application Winkli se présente comme le "Tinder des événements Facebook" — Winkli

Tu es célibataire et tu as une soirée samedi? Winkli veut te faciliter le travail... d'espionnage. Disponible depuis une semaine sur iPhone et Android, en français et en anglais, cette application fondée par trois Français vous propose de consulter le profil des participants à vos évènements Facebook. Pour «découvrir vos futures rencontres». 

Du stalking «intelligent et élégant»

Concrètement: une fois l’appli (gratuite) connectée à Facebook, elle s’ouvre sur la photo d’un inconnu, l’un des participants du prochain événement auquel vous avez prévu de vous rendre, ou auquel l’un de vos amis est inscrit. Sous la photo, son prénom, et les amis que vous avez en commun. Rien de plus si cette personne n’a pas l’application. Si elle l'a, vos intérêts communs sont mentionnés, et «bientôt d’autres infos si elles sont communes: la ville, les études…». Vous pouvez faire défiler les participants, classés en fonction du nombre d’amis communs, ou passer au prochain événement. 

Du stalking en règle, donc. «Oui, un peu! reconnaît aisément Alexis Dupont, 29 ans, co-créateur de l’application. Mais du stalking intelligent et élégant». «C’est très commun d’aller voir qui on va rencontrer dans une soirée, beaucoup de jeunes le font. On est partis de là», note le jeune entrepreneur, de formation marketing, qui y travaille depuis un an. «Sur Facebook ça prend du temps. On a voulu simplifier ça et briser la glace avant la rencontre.»

Le Tinder des événements 

Briser la glace en discutant. C’est sans doute là que Winkli porte le mieux le surnom qu’il s’est donné lui-même, «le Tinder des évènements». «Tu peux discuter avec tes matchs et peut-être vous donner rendez-vous à l’évènement», dit le message d’accueil. Un «wink» envoyé comme preuve d’intérêt permet de communiquer si le «wink» est mutuel. Strictement sur le principe de la fameuse application de rencontre par géolocalisation Tinder, donc. 

«Ce qu’on veut, c’est décomplexer la rencontre. Avec tous ces sites de rencontre, il faut créer son profil, organiser des dates à l’aveugle, ce n'est pas du tout naturel, poursuit Alexis Dupont. Là, on se rencontre avant de se voir à une soirée, c’est beaucoup moins bizarre».

Winkli a soigneusement pensé son positionnement par rapport à ses «deux concurrents»: «Tinder se focalise sur le présent, Happn [une nouvelle appli pour «retrouver qui vous croisez»] sur le passé, nous sur le futur.»

Et si je ne veux pas apparaître sur Winkli? 

Evidemment, si la personne n’a pas l’application, un «wink» ne donne rien. Pas de problème, rétorque Alexis Dupont. «A un anniversaire où je ne connaissais pas grand monde, l’appli me disait que j'avais, en face de moi dans la pièce, quelqu'un avec qui j’avais un ami en commun. Même si elle n’a pas l’appli, j’ai un moyen de lui parler. C'est souvent dans un même cercle social qu'on fait des rencontres.»

Sauf que cette personne n’a rien demandé… C’est là toute la différence avec les autres applications de rencontre. C’est ce qu’avait souligné le Buzzfeed américain dès avril dernier, au moment d'une campagne de teasing aux Etats-Unis, qui avait attiré l’attention de plusieurs médias. «Le seul moyen de ne pas apparaître est de supprimer Facebook ou de retirer sa participation à tous les events», notait Buzzfeed, tandis que The Daily Dot lançait l'alerte au «creepy». Réponse de Winkli: «Ces infos sont publiques sur Facebook». 

Les jeunes, et pourquoi pas le networking 

Winkli peut-elle marcher? Avec «plusieurs milliers d’utilisateurs» depuis son lancement en France et aux Etats-Unis, l’appli va bientôt être traduite en portugais, et la prochaine version est en cours. Les 18-25 ans sont le cœur de cible, et l’orientation «application de rencontre» n'est pas ferme, à l'image de Tinder qui ne communique pas sur le dating. «Cela peut aussi servir au networking, on pourrait intégrer des outils professionnels. On est encore dans l’expérimentation.» Alors, tous aux abris?