Kabochan, un robot avec qui les personnes âgées peuvent interagir.
Kabochan, un robot avec qui les personnes âgées peuvent interagir. - M. CENA/20 MINUTES

De notre correspondant à Tokyo,

Au milieu des robots industriels, du robot garçon de café et du robot pour mesurer les radiations autour de la centrale de Fukushima, une race particulière de machines était présente à la Japan Robot Week: les robots de soin, particulièrement destinés aux personnes âgées. Ils s’appellent Kobochan ou Chapit et occupaient une place centrale à l'événement qui s'est tenu à Tokyo à la fin de la semaine dernière, au cœur de l’espace «soin» mis en place par le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.

Le Japon, conscient que sa population vieillit, encourage depuis plusieurs années le développement d’une réponse mécanique à ce qui devient un réel enjeu de société: comment s’occuper des personnes âgées et leur permettre de rester autonomes le plus longtemps possible alors que la population qui diminue ne permet plus la même prise en charge. 26% des Japonais ont aujourd’hui plus de 65 ans, une proportion qui pourrait atteindre 41% d’ici 2050; en France, ils sont 18%. Le Japon, encore très réticent à l’immigration, cherche à compenser la diminution de sa main-d’œuvre en développant des machines.

Robots et Alzheimer

Ces «gérontechnologies» prennent des formes variées pour des usages très divers: exosquelettes ou combinaisons permettant de soulever des charges avec un moindre effort, appareil qui se place au-dessus du lit pour mesurer la respiration et détecter les mouvements ou robot compagnon pour tromper la solitude ou maintenir l’esprit en activité.

«Allume la lumière», demande l’opérateur à un petit robot en peluche avec une grosse tête ronde surmontée d’une sorte d’iroquois, qui cache ses circuits sous une fourrure blanche. Chapit, de son petit nom, peut tenir une conversation simple, poser des questions de calcul mental (et comprendre la réponse) pour faire fonctionner l’esprit, et permet de commander par la voix la lampe ou la télévision.

Plus loin, Kabochan, qui ressemble à un personnage de dessin animé, entend bien qu’on lui parle, mais répond par des phrases aléatoires. «Il ne comprend pas vraiment ce qu’on lui dit», avoue Akihito Fujita, de l’entreprise Pip, qui fabrique Kabochan. «Mais il répond. Avec le nombre de cas d’Alzheimer qui augmente [la maladie toucherait 4,6 millions de personnes au Japon], c’est une bonne façon de garder l’esprit éveillé». Selon ses créateurs, Kabochan permettrait aux personnes âgées d’exercer leurs facultés cognitives en interagissant avec lui, par la parole et le toucher. Avec ses 400 phrases préenregistrées, il n’est utilisable qu’au Japon, mais une version en coréen est déjà prête et, la maladie ne connaissant pas les frontières, le fabricant envisage aussi de traduire son répertoire en anglais.

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