Jolla, le smartphone venu du froid

HIGH-TECH Fabriqué par des ex-ingénieurs de Nokia, il tourne sous une version mise à jour de l'OS open source MeeGo...

Philippe Berry

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Jolla, un smartphone qui tourne sous Sailfish OS.

Jolla, un smartphone qui tourne sous Sailfish OS. — JOLLA

Quand Steven Elop prend la tête de Nokia, en septembre 2010, certains Finlandais soupçonnent cet ancien de Microsoft d'être un cheval de Troie de l'entreprise américaine. Moins de six mois plus tard, il leur donne raison en annonçant un partenariat avec Windows Phone, tuant dans l’œuf le futur que Nokia avait dessiné autour de MeeGo, un OS open source dérivé de Linux. En septembre dernier, Elop termine la prise de contrôle avec le rachat de la division téléphonie du Scandinave par Microsoft pour cinq milliards d'euros.

Après l'arrivée d'Elop, des ingénieurs sont partis pour bâtir ce futur ailleurs. C'est dans ce contexte qu'arrive Jolla ([Yo-La]), une entreprise et un smartphone du même nom. Mercredi, ils ont dévoilé leur premier modèle, un téléphone de milieu de gamme dont le look coloré n'est pas sans rappeler celui de la gamme Lumia. A une différence près: il tourne sous Sailfish OS, une version mise à jour de MeeGo qui propose une interface gestuelle conviviale et un multitasking prometteur.

D'abord pour le marché finlandais

Pour un téléphone vendu 399 euros sans contrat, il ne propose pas des caractéristiques folles, surtout comparées à celles du Nexus 5 de Google: l'écran 4,5 pouces, avec une résolution plutôt faible de 960x540 pixels, et le processeur dual-core, commencent à dater.

Les 500 premiers modèles, disponibles depuis mercredi, avaient tous été précommandés. Jolla dit être en phase «d'intensification» de sa production et compte passer à l'assaut de 135 pays dans les prochains mois.

Des apps maison et Android

Toute nouvelle plateforme se heurte au casse-tête des apps. Jolla résout en partie le problème en s'alliant avec Yandex, une boutique russe qui propose 85.000 apps d'Android, dont Facebook et Twitter, en plus de celles pour Sailfish.

Comme François Bayrou en 2007, Jolla rêve de devenir le troisième homme, derrière l'hégémonie d'Android (80% des ventes au dernier trimestre) et d'iOS (15%). La concurrence sera rude: Microsoft/Nokia frémit, BlackBerry n'est pas complètement mort, Firefox OS, Ubuntu for phone et Tizen arrivent. Mais Jolla a au moins le mérite de se battre et d'offrir un début de réponse à une question à 5 milliards de dollars: à quoi aurait ressemblé Nokia sans Elop?

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