Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison-mère de Free, à Paris le 31 août 2012.
Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison-mère de Free, à Paris le 31 août 2012. - Gonzalo Fuentes/REUTERS
* Anaëlle Grondin

Xavier Niel en remet une couche dans son bras de fer avec le géant américain Google. En janvier dernier, le patron d'Iliad - maison mère de Free - avait déclenché une polémique en intégrant dans la mise à jour de la Freebox Revolution le filtrage par défaut des publicités sur Internet. La controverse avait fini par relancer le débat sur la neutralité du Net et remettre une question sur le tapis: qui doit investir dans les lignes à haut débit et les serveurs pour absorber tout le trafic Internet? Les fournisseurs d’accès à Internet ou bien Google, dont la plate-forme YouTube est extrêmement gourmande en bande passante? Beaucoup ont vu dans ce filtrage un moyen pour Free de faire pression sur Google, qui possède la régie publicitaire Adsense, et l'obliger à payer pour les liens d'interconnexion.

Fleur Pellerin, la ministre de l’Economie numérique, avait immédiatement ordonné à Free de faire marche arrière en supprimant le blocage par défaut des publicités pour les «freenautes». Mais il se pourrait que Free revienne à la charge. Xavier Niel a lancé au cours d’un déjeuner avec un journaliste du Financial Times: «Vous pensez qu’on est allés se coucher quand le ministère nous a demandé d’arrêter? Et après, qu’est-ce qu’ils vont nous faire? Nous continuerons. Nous bloquerons les publicités de temps en temps, et un jour, nous les bloquerons pour de bon.» Le patron de Free semble donc bien décidé à poursuivre son combat contre la firme de Mountain View.