Le système de refroidissement des serveurs à l'intérieur d'un data center de Google.
Le système de refroidissement des serveurs à l'intérieur d'un data center de Google. - C.ZHOU/GOOGLE/20MINUTES

Les Cnil européennes en ont marre d'attendre. Mardi, six agences de protection des données personnelles ont lancé une action concertée contre Google, estimant qu'aucun progrès n'avait été réalisé sur le front de la charte unifiée de confidentialité de l'entreprise.

En France, la Cnil «a notifié à Google sa décision d'ouvrir une procédure de contrôle, ainsi qu'une procédure de coopération administrative internationale avec ses homologues du groupe de travail». L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont fait de même.

Des données partagées entre tous les services Google

En octobre, 29 agences européennes avaient donné quatre mois à Google pour modifier sa charte jugée non conforme à la directive européenne sur la protection des données. Une nouvelle réunion a eu lieu mi-mars avec l'entreprise américaine. «A l'issu de ce délai, Google n'a adopté aucune mesure concrète», écrit la Cnil.

Dans le collimateur des Européens, la nouvelle charte unifiée des règles de confidentialité de Google mise en place l'an dernier. En 2012, l'entreprise avait décidé de fusionner les règles de tous ses services (Maps, Gmail, Google+ etc.). Officiellement, pou simplifier la donne. Mais la Cnil estime que Google cherche surtout à connecter «une grande partie des activités des internautes.»

Un géant sous surveillance

Deux chiffres inquiètent les agences européennes: au cours des derniers trimestres, plus de 70% des smartphones vendus dans le monde étaient équipés d'Android, et Google contrôle 80% du marché de la recherche en ligne (et au moins 40% de celui de la publicité). Selon la Cnil, la charte unifiée permet par exemple à Google «d'afficher des publicités sur YouTube liées à l’activité de l’utilisateur sur son téléphone Android».

Google, lui, continue de répéter que sa charte est conforme au droit européen. Si pour l'instant, les actions engagées ne sont pas contentieuses, elles pourraient le devenir, avec des amendes pouvant aller jusqu'à 300.000 euros. Dans l'absolu, il s'agit d'une goutte d'eau face aux 50 milliards de chiffre d'affaires réalisé en 2012. Mais sous surveillance des deux côtés de l'Atlantique sur la vie privée et sa position dominante, Google n'a plus de filet de sécurité pour protéger son image.

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