Apple a annoncé le 6 décembre qu'il allait rapatrier une partie de la fabrication des Mac aux Etats-Unis.
Apple a annoncé le 6 décembre qu'il allait rapatrier une partie de la fabrication des Mac aux Etats-Unis. - PHOTOMONTAGE 20 MINUTES

Philippe Berry

Arnaud Montebourg approuverait l'initiative. Des Mac made in USA, Barack Obama en rêvait, Tim Cook va bientôt le faire. Jeudi, le patron d'Apple a annoncé dans une interview à NBC que la fabrication d'une gamme de Mac serait bientôt rapatriée aux Etats-Unis.

Il n'a pas précisé laquelle, mais la blogosphère spécule sur les iMac. Apple va investir plus de 100 millions de dollars dans l'opération. «Cela ne signifie pas que nous allons le faire nous-mêmes, mais nous travaillerons avec d'autres et nous investirons de l'argent», a dit Tim Cook.

«Assembled» in USA

Techniquement, les ordinateurs seront simplement assemblés aux USA. Apple continuera d'utiliser des composants fabriqués en Asie pour certains, et aux Etats-Unis pour d'autres, comme pour les panneaux de verre des écrans.

S'agit-il de patriotisme économique ou de simple opportunisme? Un peu des deux. Sous la pression de nombreux observateurs internationaux, Foxconn, qui emploie 1,5 millions d'ouvriers en Chine, a été forcé d'augmenter les salaires cette année, d'environ 20% en moyenne.

Dans le secteur automobile, fabriquer des moteurs pour essuie-glaces coûtait 45% de moins en Chine en 2005. L'économie n'est plus aujourd'hui que de 18% et devrait tomber à 9% en 2015, selon une analyse d'AlixPartners. Avec la hausse des coûts du transport, fabriquer en Chine devient de moins en moins intéressant.

Poste d'ouvriers rapatriés

Google a déjà tenté l'expérience du made in USA pour son Nexus Q, tout comme Caterpillar ou General Electric. 27% des patrons européens et américains du secteur de l'industrie sont en train ou vont rapatrier une partie des emplois ouvriers, et 47% y songent, selon une étude de Hackett Group Consultants. Avec un taux de chômage à 8%, les pouvoirs publics promettent des avantages fiscaux.

Selon Tim Cook, le principal frein n'est «pas le coût mais l'éducation», avec de moins en moins de filières ouvrières de qualité. Apple trouvera-t-il des employés prêts à effectuer un travail pénible? La réalité, c'est que les usines bâties aux Etats-Unis seront largement automatisées. Foxconn a déjà annoncé son intention de s'installer en Amérique pour répondre à la demande de ses clients, sans préciser lequel. Mais pour l'iPhone ou l'iPad, qui nécessite un travail de précision, les mains chinoises continueront de s'activer.

A priori, le consommateur n'a pas à s'inquiéter, selon les experts. Apple dispose des marges les plus juteuses de l'industrie. Et avec des Mac qui ne représentent que 15% de ses bénéfices, l'entreprise devrait pouvoir encaisser le léger surcoût sans le répercuter. La «taxe Apple» sera alors peut-être enfin justifiée.