Après la ville qui a placé les bars et discothèques sous sonovigilance, la Métro se penche à son tour sur l'ambiance sonore et crée un observatoire. Il n'en existe que cinq autres en France. Objectif : mesurer le bruit réel et ses variations, et non plus seulement l'estimer à partir du trafic.
Première balise sur la rocade
Dix sonomètres vont ainsi enregistrer en continu le brouhaha des sirènes, des freinages de bus, du ramassage des ordures ménagères, etc. Ces balises à énergie solaire transmettront leurs données, sans fil, à un cabinet spécialisé dans leur analyse. « Elles seront installées à des endroits qui associent un fort trafic et une présence dense d'habitations », commente Philippe Bertrand, responsable Environnement de la Métro. Dès ce mois de septembre, une première balise sera posée au bord de la rocade, à Saint-Martin-d'Hères, une seconde à la Bastille, pour avoir un « bruit de fond urbain de référence », et une troisième, place Victor-Hugo, « pour son caractère emblématique ». En 2013, les autres seront installées et leurs données diffusées sur le site internet de la Métro, qui déclenchera des actions de prévention. La première : les quelque 1 000 copropriétaires les plus exposés parmi ceux engagés dans la campagne « Mur-mur isolation », vont se voir proposer 80 % d'aide pour financer des menuiseries acoustiques.Bien que certains, comme Simone Michel, une habitante du très fréquenté cours Jean-Jaurès, estiment que « sans le bruit, on devient neurasthénique », celui-ci a aussi des effets néfastes sur la santé. Les sonomètres de la Métro permettront donc de mieux choisir l'implantation des crèches, maisons de retraite, cliniques, collèges… Actuellement, 12 % de ces établissements « sensibles » de l'agglo sont exposés à un bruit routier significatif. A terme, ces données seront cartographiées, croisées avec celles sur la pollution de l'air et celles sur… la chaleur. « En effet, avec des mesures et une exploitation d'images satellite, on pourra faire une analyse fine des températures, de l'hygrométrie, etc., explique Philippe Bertrand, de la Métro, afin de cerner les îlots de chaleur qui, l'été, se refroidissent moins vite que les autres ».V.V.-L.