La centrale de Saint-Alban est en retard dans l'application des procédures qualité d'EDF.
La centrale de Saint-Alban est en retard dans l'application des procédures qualité d'EDF. - ASN

Chantal Féminier

«Il n'y a pas, en Rhône-Alpes, de situation préoccupante nécessitant d'alerter les populations », affirmait ce mercredi Philippe Ledenvic, délégué territorial de Lyon de l'ASN, en présentant le bilan de la sûreté nucléaire en 2011 dans la région. Toutefois, parmi les quatre centrales que compte Rhône-Alpes, l'autorité indépendante a très clairement pointé du doigt celle de Saint-Alban, située au bord du Rhône, à équidistance entre Lyon et Grenoble. Ses « performances globales sont en retrait », note le rapport. Autrement dit : la centrale manque « de rigueur d'exploitation », selon Philippe Ledenvic qui cite « deux points d'amélioration notables » : la filière indépendante de sûreté qui « présente des faiblesses ». Cette ligne hiérarchique dédiée, « d'un effectif insuffisant, n'est pas assez écoutée par la direction » ; le système qualité, ensuite : « les procédures éditées par EDF sont en retard à Saint-Alban. »

Un plan d'actions pérenne
Ce constat n'étonne guère le Réseau « Sortir du nucléaire » qui craint même que « la réalité soit pire », selon Charlotte Mijeon. La chargée de communication du réseau cite notamment « des documents de l'IRSN » dénonçant « la vulnérabilité des piscines de combustible de la centrale iséroise en cas de séisme ». L'ASN, qui a porté des « appréciations satisfaisantes » sur les trois autres centrales, a sommé l'exploitant, EDF, de « mettre en place, un plan d'action pérenne » à Saint-Alban.

Un large champ d'inspection

En 2011, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a réalisé 335 inspections, dont 91 sur des centrales nucléaires, les autres visant des installations telles que l'Institut Laue Langevin ou le CEA, à Grenoble. Elle s'est aussi intéressée à la radioprotection chez les médecins de montagne et les dentistes « qui peut, dit-elle, être globalement améliorée ».