Le train a mis douze heures pour aller de Paris à Grenoble.
Le train a mis douze heures pour aller de Paris à Grenoble. - F. ROUX / PLEINS TITRES / 20 minutes

Chantal Féminier

«Il y a eu des manquements graves à la sécurité des personnes. C'était le Titanic, ce train ! » a affirmé dimanche à RTL, Julien Coissac, un passager du TGV qui a mis douze heures vendredi pour rallier Grenoble depuis Paris. Ce Parisien, qui dit notamment avoir filmé avec sa caméra « le déplacement d'un train pendant que nous étions sur [le] ballast », a annoncé vouloir porter plainte contre la SNCF « pour mise en danger de la vie d'autrui ».

« Il y a des choses plus graves »
Cette nuit de galère a fait « beaucoup de mécontents », reconnaît la direction de la SNCF, estimant toutefois « qu'à aucun moment on a mis la vie des passagers en danger ». Parmi les 600 personnes à bord du TGV, les 140 qui se rendaient à Grenoble, ont, admet-elle, joué de malchance. « Leur rame a été privée d'électricité, donc de climatisation pendant les trois heures d'arrêt en rase campagne. » Puis, une fois arrivées à Lyon-Part-Dieu, elles ont été conduites à Perrache pour y passer la nuit, des travaux nocturnes interdisant la circulation des trains entre Lyon et Grenoble : « Quand on nous a dit qu'il fallait dormir à bord, là, ça a été dur, commente Delphine Evenoux, journaliste à France Bleu Isère. Mais on est tous revenus vivants. On a nous a donné des couvertures et de la nourriture. Il y a des choses tellement plus graves. » La Grenobloise est, par ailleurs, formelle : « Jamais, nous n'avons été sur les voies. » Les résultats de l'enquête réclamée par le ministère des Transports sont attendus pour ce début de semaine.

Panne

Deux rames de TGV ont quitté Paris vendredi à 19 h 37, l'une pour Avignon, l'autre pour Grenoble. A 21 h, vers Cluny, elles ont subi une panne moteur « exceptionnelle », selon la SNCF. Restés à l'arrêt 3 heures, les passagers ont été transférés dans une autre rame.