Le loup, réintroduit en France en 1992
Le loup, réintroduit en France en 1992 - R.Blackbourn

Chantal Féminier

Le 5 juillet prochain, le comité loups de l'Isère devrait se prononcer sur l'autorisation éventuelle de l'abattage de ces animaux sauvages dans le département. Une nouvelle réglementation ministérielle rend en effet possible un tel arrêté. Et plusieurs troupeaux de moutons ont été égorgés en Isère depuis le début de l'année.

Entre chien et loup
« Les loups sont des animaux théoriquement protégés, s'insurge Pierre Athanaze, président de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), qui a saisi à ce sujet la Commission européenne. Je comprends la détresse des éleveurs mais on les prend, comme nous, écologistes, pour des imbéciles. Il y a peut-être 8 à 15 loups en Isère, 150 à 200 dans les Alpes où ils ont largement de quoi se nourrir naturellement. L'abattage produit, lui, l'effet inverse de celui escompté : si l'on tue un mâle ou une femelle dominant, la meute est désorganisée et va se rabattre sur les animaux domestiques. »
L'Aspas estime par ailleurs que les brebis sont souvent victimes de chiens errants. Début juin, un éleveur du Vercors a d'ailleurs porté plainte contre l'explorateur Nicolas Vannier dont il accuse les chiens de traîneau d'avoir agressé son troupeau. C'est cependant aux experts de l'office national de la chasse et de la faune sauvage qu'incombe d'établir la distinction entre chiens et loups.
En 2011, la FDSEA 38 avait dénombré « 185 victimes reconnues au titre du loup », notamment dans les massifs de Belledonne et du Vercors.

Éclairage

Le gouvernement Fillon a pris, en mai dernier, peu avant son départ, un décret facilitant l'abattage de 11 loups en France. Les départements alpins sont visés par cette nouvelle réglementation dont l'application est laissée à l'appréciation des préfets.