wen et Stéphane ne s'en cachent pas : « Si on nous expulse, on rouvrira un autre squat. Ça ne s'éteindra pas par un procès. » Tous deux, à l'instar des autres occupants du 56, rue du Dr-Hermite, ont en tout cas obtenu hier un sursis bienvenu. Le procès intenté aux squatteurs par la mairie pour occupation illégale a en effet été reporté au 26 janvier, à la demande des avocats.
L'histoire du 56 débute en novembre 2010. « Nous avons occupé, à une vingtaine, ces locaux appartenant à la mairie, vides depuis des mois, raconte Gwen. Le but était de créer un projet politique pour se rencontrer, échanger, après le mouvement social sur les retraites. » Le 56 s'affirme ainsi comme un lieu d'habitation ancré sur les luttes sociales, politisé (les squatters sont plutôt de sensibilité libertaire, autonome ou féministe), mais aussi comme « un espace d'activités gratuites, ouvert sur le quartier. »

Films, débats et… laverie
Sur les trois étages de cet immense bâtiment, le 56 propose « des soirées-débats sur la loi Loppsi 2 ou le G8, des projections de films sur les sans-papiers ou le féminisme, des cours d'aïkido, des concerts, des ateliers soudure et théâtre, un ‘‘infokiosque'', et même un lavomatique, explique Stéphane. Tout est gratuit ou à prix libre. Nous organisons en outre deux permanences hebdomadaires et des AG tous les samedis, ouvertes à tous. » Aujourd'hui, une centaine de personnes gravitent autour du 56 et participent à ces activités quotidiennes. « On ne s'y attendait pas mais ça nous motive pour faire durer le lieu le plus longtemps possible. »

droit au logement ou de propriété ?

Le bâtiment a été mis en vente puis racheté par un particulier à la mairie, qui précise : « Nous ne sommes pas opposés à l'occupation de bâtiments municipaux si des discussions ont lieu, ce qui n'a pas été le cas ici. » Les squatters, eux, ne se font « pas d'illusions : il n'y a pas de droit au logement, la loi est faite pour les propriétaires. »

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