Lyon: Le cacao se dévoile, de la fève à la tablette, au musée du chocolat

GASTRONOMIE Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier pâtissier, viennent d'ouvrir un musée manufacture à Limonest, près de Lyon...

Elisa Frisullo

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Le 25 octobre 2017, au musée-manufacture du chocolat, qui a ouvert ses portes à Limonest près de Lyon à l'initiative de Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier. Lancer le diaporama

Le 25 octobre 2017, au musée-manufacture du chocolat, qui a ouvert ses portes à Limonest près de Lyon à l'initiative de Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier. — E. Frisullo / 20 Minutes

  • Le Musco, Musée Manufacture, a ouvert la semaine dernière à Limonest, près de Lyon.
  • Gaëlle et Richard Sève ont investi trois millions d’euros dans ce lieu où l’on découvre la fabrication artisanale du chocolat, de la fève de cacao à la tablette.

Un lieu où le cacao sous toutes ses formes se découvre, se sent, se touche et se déguste. Depuis quelques jours, le premier musée du chocolat de l’agglomération a ouvert ses portes à Limonest, près de Lyon, à l’initiative de Richard et Gaëlle Sève.

Cet artisan chocolatier et son épouse ont investi trois millions d’euros pour donner vie au Musco, un musée manufacture destiné à faire découvrir aux visiteurs la fabrication artisanale du chocolat, de la fève à la tablette. « Nous proposons un voyage autour du cacao, de ses origines, 3.000 ans avant notre ère, à sa fabrication », explique en préambule Stéphanie, la responsable du musée.

Le 25 octobre 2017, au musée-manufacture du chocolat, qui a ouvert ses portes à Limonest près de Lyon à l'initiative de Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier.
Le 25 octobre 2017, au musée-manufacture du chocolat, qui a ouvert ses portes à Limonest près de Lyon à l'initiative de Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier. - E. Frisullo / 20 Minutes

De la route du cacao aux premières fabriques

Dans une scénographie soignée, le visiteur découvre ainsi les civilisations du cacao et leurs traditions. Les Aztèques utilisaient par exemple les amandes de cacao comme monnaie d’échange. « Il fallait compter trois amandes pour un fruit, 100 pour une dinde », raconte la responsable, diplômée d’un doctorat en ethnologie.

Puis le parcours transporte le public sur les routes du cacao, cultivé au 16e en Amérique du Sud et apparu, sous forme de chocolat dans les grandes cours européennes au 17e. Mais il faudra attendre le 18e pour que la boisson séduise véritablement et le 19e pour que les premières fabriques fassent leur apparition en Europe.

« Il faut bien comprendre que dans les plantations d’Amérique du Sud, des gens ont œuvré pour que nous, européens, puissions déguster le chocolat », explique Gaëlle Sève, soucieuse, à travers ce musée, de rendre hommage aux esclaves et de défendre les productions de qualité. « Aujourd’hui 16 % seulement du cacao est produit en Amérique du Sud, et 75 % en Afrique pour les industriels car c’est moins cher », ajoute Gaëlle Sève.

Pour confectionner son chocolat, son époux se fournit chez de petits producteurs au Venezuela, au Mexique, au Pérou ou au Brésil dans des exploitations que le couple visite régulièrement. Loin des cultures intensives, le cacao y est produit « doucement, tranquillement, dans le respect de la nature », ajoute la Lyonnaise. Une fois à Limonest, les fèves sont torréfiées, broyées, puis le cacao pétrit pour devenir une pâte qui servira de base au chocolatier. Cinq étapes de fabrication que le visiteur peut suivre en direct, à travers de grandes baies vitrées donnant sur la manufacture, en goûtant le cacao sous ses différentes formes.

Le 25 octobre 2017, au musée-manufacture du chocolat, qui a ouvert ses portes à Limonest près de Lyon à l'initiative de Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier.
Le 25 octobre 2017, au musée-manufacture du chocolat, qui a ouvert ses portes à Limonest près de Lyon à l'initiative de Gaëlle et Richard Sève, artisan chocolatier. - E. Frisullo / 20 Minutes

Une fabrication artisanale encore peu répandue

En France, encore peu d’artisans fabriquent leur propre chocolat, loin des circuits industriels, de la fève à la tablette, même si à Lyon, cette pratique artisanale a été initiée par d’autres grands maîtres du chocolat comme Bernachon ou Bonnat.

« On voit bien, à travers ce parcours, que les produits de base sont sains. Le cacao est produit dans des pays où la culture se fait sans pesticide. Forcément, les chocolats seront meilleurs au final », estime Françoise venue faire découvrir la fabrication du chocolat à ses deux petites filles. De leur visite, Lilirose et Noëlie ont surtout apprécié l’étape dégustation proposée au public à l’issue du parcours.


Des ateliers de cuisine et dégustations

Au Musco (entre 7 et 9 euros, gratuit pour les moins de 5 ans, forfait famille), des ateliers sont proposés pour apprendre à faire, en solo ou avec son enfant, des tartes à la praline, des entremets au chocolat et des macarons (à partir de 68 euros). Des séances dégustations sont également possibles (45 euros).