Un climat lourd pour une rentrée pleine d'incertitudes: après un mois de vacances et une semaine de chômage partiel, les ouvriers de l'usine PSA d'Aulnay ont repris mardi le chemin de l'usine, déterminés à se battre mais "sans illusions" sur leur avenir.
Un climat lourd pour une rentrée pleine d'incertitudes: après un mois de vacances et une semaine de chômage partiel, les ouvriers de l'usine PSA d'Aulnay ont repris mardi le chemin de l'usine, déterminés à se battre mais "sans illusions" sur leur avenir. - Martin Bureau afp.com

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Un climat lourd pour une rentrée pleine d'incertitudes: après un mois de vacances et une semaine de chômage partiel, les ouvriers de l'usine PSA d'Aulnay ont repris mardi le chemin de l'usine, déterminés à se battre mais "sans illusions" sur leur avenir.

Selon la direction du site, qui fermera ses portes en 2014, les ateliers ont tourné "normalement" en ce jour de rentrée, alors que certains promettaient une mobilisation forte dès la reprise du travail.

"Le nombre n'y était pas ce matin. On n'allait pas faire une bagarre à 200 alors qu'on avait prévu de la faire à 1.000", a reconnu Mohamed Khenniche, du syndicat SUD. Selon lui, beaucoup de salariés étaient absents mardi en raison de la rentrée scolaire de leurs enfants.

Les salariés d'Aulnay ont décidé mardi matin d'organiser une assemblée générale le 11 septembre. "Il va falloir qu'on accélère la mobilisation et qu'on monte en puissance", a souligné Jean-Pierre Mercier, délégué CGT pour qui les salariés ne sont "pas résignés".

Accueillis par de nombreux journalistes à leur retour de vacances, les premiers sont arrivés vers 06H00 sur l'immense parking de l'usine qui emploie quelque 3.000 salariés. Avant de passer les portiques et de "badger", beaucoup ne cachaient pas leur inquiétude.

"On revient travailler parce qu'on n'a pas le choix. Mais le coeur n'y est pas", explique Michel Giancatarina, 57 ans, employé à Aulnay-sous-Bois depuis l'âge de 20 ans.

"Honnêtement, on est sans illusion sur la fermeture de l'usine. La question, c'est surtout ce qu'on va devenir après. Pas trop pour moi, parce que je suis près de la retraite. Mais surtout pour les collègues de 40 à 50 ans. Ca va être dur pour eux de se recaser", explique-t-il.

"Il faut rester combatifs"

Ajdahim Abderrazak, 35 ans dont douze au montage à Aulnay, a repris "un peu stressé" peu avant 15H00. "J'ai beaucoup parlé avec ma femme. C'est décidé, je me battrai jusqu'à la fin, pour prendre un bon chèque, je ne veux pas me retrouver avec des clopinettes" en guise d'indemnité, a-t-il dit.

Beaucoup expliquent avoir eu du mal à couper les ponts avec l'usine ces six dernières semaines. "J'ai pris quelques jours de vacances seulement et ma tête était toujours à Aulnay", confie Bao Nguyen, 46 ans, dans l'usine depuis 12 ans.

"Je suis prêt à me mobiliser, et de manière forte s'il le faut, car il n'y pas d'autre choix", ajoute dépité ce père de famille, emmitouflé dans une parka bleu marine.

La grève, chacun y pense, même si aucun mot d'ordre précis n'a pour l'instant été donné. "Tant qu'on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés, il faut rester combatif et prêt à se mobiliser, même si on est abattu", lance Eric Basquin, carrossier de 47 ans.

Une réunion entre syndicats et le cabinet Secafi mandaté pour expertiser les comptes de PSA devait se tenir mardi après-midi à l'usine de Poissy (Yvelines).

PSA Peugeot Citroën, premier constructeur automobile français, a annoncé en juillet la suppression de 8.000 postes et la fermeture à l'horizon 2014 de son usine d'assemblage d'Aulnay-sous-Bois.

Fin juillet, des élus du comité central d'entreprise ont mandaté à l'unanimité une expertise sur la santé financière de PSA. Le processus de restructuration est suspendu dans l'attente de ses conclusions, qui n'auront cependant qu'un rôle consultatif.

Les représentants CGT de PSA ont appelé à manifester au Salon de l'Automobile le 9 octobre. Un rassemblement est par ailleurs prévu le 29 septembre à la "Cité des 3.000" d'Aulnay, où habitent plusieurs centaines de salariés de l'entreprise.