Trois mois après la fermeture des parkings qui défiguraient le mont Saint-Michel, au plus fort de l'été, les navettes reliant la côte au rocher fonctionnent mais nombre de touristes déplorent avoir tant à marcher, et en partie le long d'une zone commerciale.
Trois mois après la fermeture des parkings qui défiguraient le mont Saint-Michel, au plus fort de l'été, les navettes reliant la côte au rocher fonctionnent mais nombre de touristes déplorent avoir tant à marcher, et en partie le long d'une zone commerciale. - Charly Triballeau afp.com

© 2012 AFP

Trois mois après la fermeture des parkings qui défiguraient le mont Saint-Michel, au plus fort de l'été, les navettes reliant la côte au rocher fonctionnent mais nombre de touristes déplorent avoir tant à marcher, et en partie le long d'une zone commerciale.

"Les navettes fonctionnent bien mais elles sont trop loin. D'autant que sur le mont, il y a déjà beaucoup d'escaliers", regrette Shylaja, une Indienne de 21 ans, à l'approche du nouveau parking construit à 2 à 3 km de l'îlot.

Depuis le 28 avril et la fermeture des parkings de milliers voitures garées au pied du rocher, il faut parcourir deux à trois km à pied aller-retour, selon l'endroit où l'on est garé, pour atteindre des navettes et visiter l'abbaye, soit 35 minutes de marche minimum pour un adulte qui avance d'un bon pas.

Des distances jugées "trop longues" par l'Unesco dans un rapport publié en juillet, notamment au regard du vieillissement de la population européenne.

Le syndicat mixte qui a confié à Veolia ces transports doit réexaminer la question en septembre. Le coût du parking, déjà passé de 6 à 8,50 euros, risque d'augmenter si les navettes, gratuites, effectuent la totalité du trajet, affirment les défenseurs du projet.

Si le soleil d'août fait la joie des bons marcheurs, le retour au parking s'avère pénible pour certaines familles ou personnes âgées.

"Pour nous qui avons l'habitude de marcher ça va mais pour nos petits enfants de 4 et 5 ans, c'était long. Il a fallu faire des pauses. Or il n'y a rien pour s'abriter du soleil", déplore Roger Bouche, 52 ans.

L'agacement des mécontents monte à chaque étape du parcours. Les navettes partent à 800 à 900 mètres du parking pour déposer les touristes à 400 mètres du mont. Au retour elles les reprennent à 500 mètres du rocher pour les redéposer à 900 à 1.000 mètres de leur véhicule.

"Et on nous fait traverser une zone commerciale avant de prendre les navettes. On a l'impression que les commerces sont plus importants que le monument", ajoute-t-il. Un sentiment spontanément partagé par plusieurs autres personnes interrogées par l'AFP.

De fait à quelques pas du parking deux panneaux bleus de près de trois mètres de haut annoncent un "accès navette" sur la gauche et détournent le flot de touristes vers une zone commerciale dite de la Caserne qui aboutit aux navettes mais via un trajet sans vue sur le mont.

La grande majorité des gens ne voit pas le plan, qui un peu plus haut, montre, après examen, qu'en continuant tout droit ont peut aussi rejoindre les navettes, en ayant vue sur le rocher, et en évitant la zone commerciale que l'Unesco qualifie de "point faible" de l'accès à l'îlot.

"C'est lamentable. Tout est organisé pour que les commerces s'en mettent plein les poches. Et on prive les personnes les plus faibles d'accès à la culture", s'énerve Jean-Claude Bouzigues, la cinquantaine, venue avec sa fille d'une trentaine d'années.

Le déplacement du parking entre dans le cadre du projet de rétablissement du caractère maritime du mont, un investissement public de 185 millions d'euros. En 2015 la digue-route qui mène au mont doit être remplacée par un pont. Le mont doit redevenir une île 20 jours par an, lors des grandes marées.

Reste que les heures d'attente au départ des navettes pronostiquées par les détracteurs de Veolia ne se sont pas matérialisées.

Pourtant l'entreprise a dû en raison de problèmes techniques renoncer en juillet aux six navettes hippomobiles qui devaient démarrer le 28 avril, et l'Etat ne l'a autorisé en mars à ne transporter que 66 personnes par navette automobile alors qu'elle comptait en prendre 95.

Pour faire face, Veolia a ajouté des bus. Et entre temps la fréquentation touristiques du mont a baissé.