Du covoiturage à la location entre particuliers en passant par les voitures de fonction partagées, une multitude de solutions d'autopartage se développent en France. Mais ce modèle "vert" signifie au final moins de ventes d'automobiles, et non pas davantage comme l'espère le gouvernement.
Du covoiturage à la location entre particuliers en passant par les voitures de fonction partagées, une multitude de solutions d'autopartage se développent en France. Mais ce modèle "vert" signifie au final moins de ventes d'automobiles, et non pas davantage comme l'espère le gouvernement. - Ana Arevalo afp.com

© 2012 AFP

Du covoiturage à la location entre particuliers en passant par les voitures de fonction partagées, une multitude de solutions d'autopartage se développent en France. Mais ce modèle "vert" signifie au final moins de ventes d'automobiles, et non pas davantage comme l'espère le gouvernement.

Selon des études avancées par le groupe de transport collectif Veolia Transdev, une voiture en autopartage remplacerait dix véhicules privés. De quoi faire trembler les constructeurs automobiles et contrarier le plan de relance du secteur en France présenté mercredi par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Si le service Autolib lancé par Bolloré à Paris a donné une visibilité médiatique au secteur, plusieurs autres déclinaisons existent en effet, certaines depuis plusieurs années, tant pour les urbains que dans des zones plus rurales.

Veolia Transdev exploite lui en région parisienne Mobizen (héritier du pionnier Caisse Commune), avec des locations à 3-4 euros de l'heure. Un modèle qui s'étend également à des flottes d'entreprises, où l'on partage les véhicules plutôt que d'avoir des voitures de fonction individuelles.

Né dans les années 1980 en Suisse et en Allemagne, l'autopartage ("carsharing") a depuis essaimé sous l'impulsion des sociétés spécialisés, des loueurs de voitures, des opérateurs de transport collectif voire des constructeurs.

En France, le service le plus étendu reste probablement covoiturage.fr, qui dispose de plus de 1,8 million d'inscrits en France. Le principe: pour un conducteur "seul", trouver des passagers sur un trajet prévu pour partager la note des péages et du carburant. Et au final, rouler à trois ou quatre par voiture.

Le jeune patron du site, Frédéric Mazzella, admet volontiers que les marchés de niches créés par l'autopartage ne viendront pas compenser les économies qu'elles entraîneront dans le budget automobile des Français. Un budget immense d'environ 200 milliards d'euros, calcule-t-il, à raison de 6.000 euros pour les quelque 35 millions de véhicules.

Même s'il double le nombre de ses utilisateurs chaque année, Covoiturage.fr n'a réalisé qu'1 million d'euros de chiffre d'affaires l'an passé, fait voyager ensemble 350.000 personnes (soit 1.000 TGV) par mois et emploie 45 personnes.

"Les changements de comportement vont plutôt vers une baisse de la consommation et cela n'arrange aucun business. Il y a parfois des modèles économiques comme le nôtre, mais il n'y a pas de modèle économique de croissance derrière un modèle d'économies de ressources. Nous, on fait juste de l'optimisation", souligne l'entrepreneur.

Autre service qui émerge dans l'Hexagone: la location entre particuliers, un créneau qui a récemment retenu l'attention de General Motors aux Etats-Unis ou de Citroën en France. Un propriétaire met sa voiture à disposition au prix de son choix. Le locataire peut ainsi trouver un véhicule près de chez lui et souvent moins cher que chez un loueur classique.

Des PME comme Voiturelib, Citizen Car ou Zylok Auto ont fait leur apparition ces dernières années.

Pour Marion Carrette, la fondatrice de Zylok avec qui Citroën s'est associé, les constructeurs peuvent néanmoins tirer leur épingle du jeu, en misant sur l'essor des services plutôt que sur le produit lui-même, "comme l'a fait Michelin".

"Pour les constructeurs, l'intérêt de la location entre particuliers c'est de dire voilà, la voiture n'est pas qu'un centre de coûts, votre voiture peut aussi vous faire gagner de l'argent", explique-t-elle à l'AFP.

"Et puis derrière, il ne faut pas se leurrer, il y aussi l'idée que si les voitures roulent, elles font plus de kilomètres et donc forcément elles sont renouvelées plus vite", souligne la chef d'entreprise, qui emploie actuellement 6 personnes.