Une reconstitution du meurtre d'Agnès, collégienne violée et tuée en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), a eu lieu vendredi sous haute surveillance, en présence du meurtrier présumé, un camarade âgé de 17 ans au moment des faits.
Une reconstitution du meurtre d'Agnès, collégienne violée et tuée en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), a eu lieu vendredi sous haute surveillance, en présence du meurtrier présumé, un camarade âgé de 17 ans au moment des faits. - Philippe Desmazes afp.com

© 2012 AFP

Une reconstitution du meurtre d'Agnès, collégienne violée et tuée en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), a eu lieu vendredi sous haute surveillance, en présence du meurtrier présumé, un camarade âgé de 17 ans au moment des faits.

Mathieu, qui était en classe de 1ère au collège-lycée cévenol, est arrivé dans l'enceinte de l'établissement casqué, dans une fourgonnette de la gendarmerie.

Le procureur de Clermont-Ferrand, Pierre Sennès, était sur les lieux, quadrillés par des gendarmes.

Vers 17H30, le dispositif de gendarmerie a été levé et les fourgonnettes sont reparties, de même que le procureur, sans faire aucune déclaration à la presse présente sur place. Le procureur est resté injoignable toute la journée.

Le principal suspect, qui a avoué le crime et était déjà connu de la justice pour un viol présumé dans le Gard, est assisté de Me Joëlle Diez, du barreau de Haute-Loire, et de Me Isabelle Mimran, de celui de Nîmes. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité et pourrait être jugé en 2013.

Les avocats des parents d'Agnès Marin, dont Me Francis Szpiner, étaient également venus.

L'auteur présumé, en détention provisoire depuis sept mois et qui n'aurait pas exprimé de regrets, devait reprendre pas à pas le chemin suivi jusqu'au drame, et reproduire ses gestes.

Le mercredi 16 novembre 2011 en début d'après-midi, Agnès, une interne âgée de 13 ans, en classe de 3e, avait quitté le collège-lycée un sac à la main. Mathieu, également interne, a reconnu l'avoir attirée dans la forêt au prétexte d'aller chercher des champignons hallucinogènes.

Confondu notamment par des griffures sur son visage et placé en garde à vue le lendemain, il avait reconnu avoir "bousculé" l'adolescente, dont le corps calciné avait été retrouvé sur ses indications 24 heures après, dans une zone escarpée.

Leur ancien établissement scolaire a été déserté vendredi à l'initiative des parents d'élèves et de la direction.

La reconstitution est "indécente" et "imbécile" à 15 jours des vacances scolaires, s'est insurgé Jean-Michel Hieaux, vice-président du conseil d'administration du collège-lycée.

"Le souvenir d'Agnès reste vif et ses camarades de classe doivent passer le brevet la semaine prochaine", a souligné à l'AFP Anne-Sylvie Debard, déléguée des parents d'élèves au conseil d'administration de cet établissement privé sous contrat.

Le fonctionnement de ce collège-lycée sélect fondé en 1938, ainsi que le suivi du lycéen en cause, avaient été mis en cause au moment des faits.

En effet, moins d'un an auparavant, en août 2010, le jeune homme avait été mis en examen pour viol sur une mineure dans le Gard. Il avait effectué quatre mois de détention provisoire, avant d'être placé sous contrôle judiciaire fin 2010.

Selon le quotidien Le Monde, le rapport d'un pédopsychiatre qui l'avait examiné à la suite de ce premier viol considérait que cette personne n'était "pas dangereuse" et qu'"un suivi en ambulatoire était suffisant".

Les parents de Mathieu avaient convaincu le collège-lycée d'inspiration protestante, prônant "humanisme et tolérance", de l'accueillir à partir de novembre 2010. La direction de l'établissement a toujours affirmé ne pas avoir su la raison du passage en prison de cet élève.

Il était suivi par un psychiatre puis un psychologue dans son établissement.

Une enquête de l'inspection générale de l'Education nationale a été menée peu après les faits et "des évolutions sont en cours", d'après une représentante des parents d'élèves.

Le gouvernement Fillon, qui s'était emparé du dossier pour remédier aux "dysfonctionnements" dans le suivi du lycéen, a fait voter en mars dernier le principe que la justice informe les chefs d'établissements scolaires si un élève est placé sous contrôle judiciaire pour des crimes ou délits violents ou de nature sexuelle.