Un homme se réclamant d'Al-Qaïda retient quatre personnes en otages, mercredi à Toulouse, dans une agence bancaire, à quelques centaines de mètres des lieux où Mohamed Merah a été tué il y a trois mois.
Un homme se réclamant d'Al-Qaïda retient quatre personnes en otages, mercredi à Toulouse, dans une agence bancaire, à quelques centaines de mètres des lieux où Mohamed Merah a été tué il y a trois mois. - Eric Cabanis afp.com

© 2012 AFP

Un homme se réclamant d'Al-Qaïda retient quatre personnes en otages, mercredi à Toulouse, dans une agence bancaire, à quelques centaines de mètres des lieux où Mohamed Merah a été tué il y a trois mois.

Selon des sources policières, l'homme âgé d'une trentaine d'années, qui demande la présence du Raid, a tiré un coup de feu et pris en otages quatre personnes, dont le directeur de cette agence bancaire du CIC, située avenue Camille-Pujol.

Cette artère très commerçante toute proche du centre-ville est située à environ 500 m de l'appartement dans lequel Mohamed Merah était tombé sous les balles du Raid le 22 mars.

Il n'y a aucun blessé, a indiqué un policier. Il est impossible en l'état actuel d'évaluer le sérieux des revendications. "On ne sait pas pour l'instant s'il s'agit d'un braquage qui a mal tourné ou si c'est une action délibérée", a indiqué une source policière.

"L'hypothèse la plus probable est que ce type est fou, ce qui ne le rend pas moins dangereux", selon une source proche de l'opération.

"Un dispositif est en train de se mettre en place pour engager le dialogue", a dit le procureur de Toulouse, Michel Valet, joint sur place. Il a refusé d'en dire plus.

Les groupes d'intervention de la police nationale (GIPN) de Bordeaux et Marseille étaient en route pour Toulouse.

L'homme serait entré dans la banque vers 10H10 et s'y serait enfermé avec ses otages. Hormis son âge évalué à une trentaine d'années, on ignore tout de lui, y compris son identité, et l'arme en sa possession, a dit un policier.

L'agence bancaire, elle, continuait à répondre en début d'après-midi. Une employée, visiblement calme, a décroché le téléphone presque comme d'habitude, mais s'est gardée de tout commentaire sur l'affaire.

Un périmètre de sécurité a été mis en place pour tenir les curieux à distance dans un rayon de 200 mètres autour de la banque, avant d'être élargi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont établi leur quartier général dans la caserne de gendarmerie toute proche, a indiqué une responsable locale.

La prise d'otages a suscité la stupéfaction dans ce quartier tranquille et plutôt aisé de petites maisons toulousaines.

L'agence est située au 72 avenue Camille-Pujol, près de la Côte pavée dans l'est de Toulouse, où le Raid a mis fin le 22 mars à l'équipée sanglante de Mohamed Merah.

Celui-ci avait semé l'effroi en France en exécutant froidement trois parachutistes, un enseignant et trois enfants juifs entre le 11 et le 19 mars. Le siège de son appartement dans le quartier de la Côte pavée a duré plus de 30 heures avant de s'achever dans un déluge de projectiles.

"On revit la même chose qu'il y a trois mois. On était tranquille dans le quartier, mais depuis le problème Mohamed Merah, on est inquiet. Cela recommence, cela commence à me faire peur", confie Maria Gonzalez, une mère de famille de deux enfants qui ne peut pas rentrer chez elle, rue de la Providence.

"J'étais venue spécialement ce matin pour aller à ma banque, qui est juste en face du CIC", a indiqué une commerçante du quartier. "En 25 ans dans ce quartier tranquille, je n'ai jamais eu un chèque sans provision dans mon commerce", déclarait-elle pour souligner la succession des évènements dans le secteur.

Les parents des élèves de l'école privée voisine ont reçu des textos leur demandant de venir chercher leurs enfants. "La direction de l'école nous a demandé de venir les chercher à l'heure prévue, 11H30", mais en faisant passer les parents par l'arrière, relate une autre mère de famille.

Toulouse avait été le théâtre d'une autre prise d'otage, le 6 juin, loin de là, à Météo-France.