Un homme de 27 ans qui avait tué une personne et blessé quinze autres en fonçant délibérément dans la foule d'une fête de village en Alsace en 2007, a été condamné jeudi en appel à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, à Nancy.
Un homme de 27 ans qui avait tué une personne et blessé quinze autres en fonçant délibérément dans la foule d'une fête de village en Alsace en 2007, a été condamné jeudi en appel à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, à Nancy. - JACQUES DEMARTHON afp.com

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Un homme de 27 ans qui avait tué une personne et blessé quinze autres en fonçant délibérément dans la foule d'une fête de village en Alsace en 2007, a été condamné jeudi en appel à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, à Nancy.

La cour, qui l'a reconnu coupable de meurtre, a suivi les réquisitions de l'avocate général à l'encontre d'Abdelkader Gridda, mais sans l'assortir d'une période de sûreté des deux tiers comme le réclamait l'accusation.

Lors de son premier procès en novembre 2010 à Colmar, M. Gridda avait écopé de 20 ans de réclusion dont 13 ans de sûreté.

Ouvrier en CDD chez Ricoh, il s'était rendu le 30 juin 2007 à la fête annuelle "Humpafascht" de Berrwiller (Haut-Rhin) avec un ami qui fêtait ses 18 ans, mais s'en était fait expulser à plusieurs reprises. Vers 3H00, ivre et ayant fumé du cannabis, il s'était remis au volant de sa Peugeot 205 et avait foncé dans la foule qui quittait les lieux.

Benoît Prost, 22 ans, était mort après avoir été heurté par le véhicule et 15 autres personnes avaient été blessées.

"J'avais bu et j'avais fumé. Depuis cinq ans, je me pose la question : pourquoi j'ai fait ça ? Je n'ai pas d'explication. Je n'ai pas pensé au moment où j'ai accéléré, j'avais peur, j'ai paniqué", a expliqué l'accusé pendant les débats.

La défense, qui soutenait que le jeune homme n'avait pas eu l'intention de tuer, avait demandé la requalification en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Lors de ses réquisitions, l'avocate général, Monique Sonrel, avait au contraire souligné "l'intention homicide" de l'accusé et le "caractère exceptionnel du crime".

Fustigeant un homme "impulsif, intolérant aux frustrations", Mme Sonrel avait raillé ses "explications variables" et son récit "pas crédible".

A l'énoncé du verdict, l'avocat de la défense, Me Aline Vaissier-Catarame, a déploré un dossier "faussé dès le départ, où les victimes étaient à la fois juges et parties".

"Pour moi, ça n'est pas juste qu'on l'ait condamné pour meurtre, il n'a jamais eu l'intention de tuer", a-t-elle encore dit.

L'un des avocats des parties civiles, Me Thierry Moser, a pour sa part exprimé sa "satisfaction". "Je suis content de constater que le discours des parties civiles ait été entendu", a-t-il dit, soulignant "le calme et la dignité des victimes" lors des débats.