Vingt-sept armes dont 14 de guerre et 150 kg de munitions ont été saisies jeudi à Marseille par les gendarmes dans une cache dissimulée dans la "villa cossue" d'un collectionneur, déjà condamné en février pour des faits similaires, ont indiqué vendredi le procureur et les gendarmes.
Vingt-sept armes dont 14 de guerre et 150 kg de munitions ont été saisies jeudi à Marseille par les gendarmes dans une cache dissimulée dans la "villa cossue" d'un collectionneur, déjà condamné en février pour des faits similaires, ont indiqué vendredi le procureur et les gendarmes. - Boris Horvat afp.com

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Vingt-sept armes dont 14 de guerre et 150 kg de munitions ont été saisies jeudi à Marseille par les gendarmes dans une cache dissimulée dans la "villa cossue" d'un collectionneur, déjà condamné en février pour des faits similaires, ont indiqué vendredi le procureur et les gendarmes.

Le collectionneur, un entrepreneur en maçonnerie de 51 ans, a été arrêté jeudi et devrait être mise en examen samedi pour "détention d'un dépôt d'armes illicite aggravée par le fait d'une condamnation antérieure, délit d'importation et de fabrication d'armes, détention d'armes de 1e et 4e catégories et association de malfaiteurs", a précisé le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest lors d'une conférence de presse avec les gendarmes.

Le procureur a ajouté que le premier chef pouvait, à lui seul, être sanctionné d'une peine de dix ans d'emprisonnement.

"On le soupçonne de transformer les armes et éventuellement de les céder", a indiqué le procureur, précisant que des pièces permettant de reconstituer cinq fusils d'assault supplémentaires avaient également été trouvées ainsi que des outils et manuels techniques. Huit armes étaient en état de fonctionnement et trois en cours de remilitarisation.

L'instruction devrait établir si les éventuels acheteurs de ces armes étaient d'autres collectionneurs ou des malfaiteurs, selon le procureur.

Certaines de ces armes, parmi lesquelles on trouve deux pistolets mitrailleurs israéliens Uzi, deux kalachnikov et les éléments d'une troisième ainsi que plusieurs fusils d'assault dont un M16 américain et des carabines avec silencieux et lunette de visée laser, ont été "bricolées, refaites et remilitarisées, ce qui est interdit", a précisé le magistrat.

La section de recherche de la gendarmerie de Marseille "s'est intéressée à cet individu dans le cadre d'investigations menées dans un dossier d'extorsion de fonds en 2011 dans la région d'Aix-en-Provence", a précisé le colonel Jacques Diacono.

"Une action, avec le GIGN, avait permis d'interpeller en flagrant délit deux individus très défavorablement connus de la région de Marignane et nous avions saisi trois armes dont deux kalachnikov et un pistolet Glock", a-t-il poursuivi, indiquant que le gardé à vue "est un fournisseur potentiel de ces armes".

"L'individu a été interpellé en 2010 par l'office central de lutte contre la criminalité organisée dans le cadre également de détention d'armes", a-t-il précisé, M. Dallest ajoutant qu'il était "en récidive légale", ayant été condamné en février à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pour ces faits.

L'homme recevait ses armes par colis postaux, notamment une "kalachnikov originaire d'ex-Yougoslavie reçue neuve et démilitarisée et qui était en cours de remilitarisation", selon la même source. Le dernier colis, contenant un pistolet, est arrivé mercredi et a été signalé par La Poste aux gendarmes qui ont lancé leur opération à son domicile jeudi matin à l'aube.

"Nous sommes sûrs qu'il y a commerce", a affirmé le colonel Diacono, qualifiant l'homme de "véritable artiste dans son domaine" et décrivant la cache contenant les armes comme "une pièce cachée construite avec double cloison dissimulée par des meubles", une démarche "atypique" pour un collectionneur.