Après les critiques de ses propos virulents contre la ministre de la Justice Christiane Taubira, le polémiste Eric Zemmour s'est posé lundi en victime "des professionnels de l'indignation tarifée", à la veille de comparaître dans un nouveau procès pour diffamation.
Après les critiques de ses propos virulents contre la ministre de la Justice Christiane Taubira, le polémiste Eric Zemmour s'est posé lundi en victime "des professionnels de l'indignation tarifée", à la veille de comparaître dans un nouveau procès pour diffamation. - Jacques Demarthon afp.com

© 2012 AFP

Après les critiques de ses propos virulents contre la ministre de la Justice Christiane Taubira, le polémiste Eric Zemmour s'est posé lundi en victime "des professionnels de l'indignation tarifée", à la veille de comparaître dans un nouveau procès pour diffamation.

En prélude à sa chronique de lundi sur RTL, Eric Zemmour a répliqué à ceux qui considèrent ses prises de positions comme "racistes" et "machistes". "Vous savez, il y a dans ce pays des professionnels du choquage, de l'indignation tarifée", a-t-il dit.

Mardi, le journaliste de 53 ans doit être jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation envers Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), qui lui reproche de l'avoir accusé fin 2008 de préférer la "solidarité raciale" à la "solidarité nationale". Des propos que le polémiste nie avoir tenus.

En 2011, Eric Zemmour avait été condamné pour provocation à la haine raciale pour ses affirmations sur "les Noirs et les Arabes" proférées sur Canal+ et France Ô. Il avait toutefois été relaxé pour ses déclarations sur les trafiquants, qualifiées par la justice de "choquants" mais non "diffamatoires".

Mercredi dernier, dans sa chronique matinale sur RTL, Eric Zemmour a déclaré: "En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais."

Le Mrap s'était dit "scandalisé" par cette "chronique haineuse, raciste et misogyne", tandis que SOS Racisme avait dénoncé la "haine quotidienne" distillée par le chroniqueur.

- "Torquemadas" -

En réponse, Eric Zemmour a stigmatisé des "Torquemadas de café du commerce qui essaient de (le) brûler en place de Grève régulièrement". "Vous savez, quand j'attaque Taubira, c'est ni la femme que j'attaque ni encore moins évidemment la femme noire", a-t-il assuré cinq jours plus tard. "Je fais une analyse politique, idéologique, et les personnes ne sont pas en cause", a-t-il ajouté.

Pourtant, dans son éditorial vendredi dans Le Figaro Magazine, il dénonçait "la marque Taubira", citant à sept reprises le patronyme de la nouvelle garde des Sceaux.

Dimanche, première à venir à la rescousse de l'éditorialiste, Marine Le Pen a estimé qu'"Eric Zemmour dénote dans un milieu médiatique français déjà très monolithique du point de vue des expressions et des idées".

L'ex-avocat général, Philippe Bilger l'a lui aussi défendu, mais au nom de la liberté d'expression. Ses propos sur Christiane Taubira sont "infiniment discutables et outranciers, mais il a le droit de les dire, on a le devoir de les contredire avec les moyens intellectuels, si on en a, au lieu de faire une chasse virtuelle aux sorcières comme la Licra et SOS Racisme", a déclaré le magistrat honoraire interrogé par France Inter.

Cette polémique intervient alors que la chronique quotidienne "Z comme Zemmour" sur RTL pourrait disparaître à la rentrée prochaine, comme l'avance l'express.fr.

Sollicités par l'AFP, ni RTL ni Eric Zemmour n'ont souhaité commenter ces informations. Toutefois, la direction de la radio a fait savoir au journal Le Monde qu'Eric Zemmour "sera au micro de RTL jusqu'à la fin de la saison".

Quant aux propos contre Christiane Taubira, la direction de RTL considère qu'Eric Zemmour reste "parfaitement dans son rôle de chroniqueur", à savoir celui "qui fait des commentaires politiques".