« Qui pouvait avoir des raisons de s'en prendre à lui ? »

Coluche, l'accident (éd. Privé) pose plusieurs questions sur la thèse de l'accident, en donnant la parole aux motards amis de l'humoriste qui roulaient avec lui – Didier Lavergne et Ludovic Paris – et en dévoilant les projets qu'il avait avant de mou...

©2006 20 minutes

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Coluche, l'accident (éd. Privé) pose plusieurs questions sur la thèse de l'accident, en donnant la parole aux motards amis de l'humoriste qui roulaient avec lui – Didier Lavergne et Ludovic Paris – et en dévoilant les projets qu'il avait avant de mourir. Extraits.

Les minutes avant l'accident selon Lavergne

« On a fait la route tranquillement. On se parlait tout en roulant. (...) Michel [Coluche] n'avait pas de casque, Ludo non plus. A cette époque, sur la Côte, les flics nous faisaient pas trop chier avec ça. De toute façon, on n'allait pas vite. Michel était en bermuda, nous en débardeur. Dans cette tenue, si on va vite, les insectes font un mal fou sur la peau, tous les motards le savent. (...) Juste avant la courbe, Coluche m'a doublé. On s'est mis en ligne, comme d'habitude dans un virage. A la sortie, le final, c'était Michel, moi, Ludo. »

L'accident selon Lavergne

« On est à la sortie d'un virage, il y a une courbe derrière nous, une autre devant nous, une ligne droite entre les deux et un camion, énorme, qui arrive lentement. Pas de clignotant, pas de voiture derrière lui. (...) Coluche est juste devant moi, il n'y a pas trois mètres entre nous. Je vois qu'il va croiser le camion. Je vais le croiser aussi. Et puis, lorsque le camion est arrivé à la hauteur de Coluche, tout d'un coup, le chauffeur a braqué la cabine sous son nez. Il a fermé la route. Comme une porte claquée sur sa figure et qu'il n'a pas eu le temps d'éviter. (...) Et [Coluche] tape de la tête sur l'angle, c'est aussi simple que ça. C'est une seconde. A un mètre ou deux, il aurait freiné. Mais jamais tu peux imaginer que le camion va faire ça. C'est ça la surprise, elle ne vient que de ça. De la manoeuvre du camion. »

Coluche, Zorro des pauvres

« Reste le pourquoi ? Et le qui ? Pour qu'il y ait attentat, encore faudrait-il qu'il y ait mobile. Qui pouvait bien en cet été 1986 avoir quelque raison de s'en prendre à Coluche ? (...) Coluche, il était un peu Zorro, la revanche des anonymes, du peuple face aux puissants. (...) En juin 1986, après le lancement des Restaurants du coeur, où étaient passés ceux qui n'aimaient pas Coluche ? (...) En quelques semaines, par sa seule volonté, entouré de ses potes et d'une poignée de bénévoles, Coluche arrache quarante millions de dons, dix mille tonnes de marchandises qu'il redistribue dans plus de deux cents villes de France en huit millions et demi de repas. Le tout en trois mois. »

Le spectacle qu'il préparait

« C'est dans ce contexte, en juin 1986, que Coluche préparait le Zénith, le grand spectacle par lequel il devait faire son retour sur scène. Tous ceux qui ont rencontré Coluche à cette époque sont unanimes. Au Zénith, il voulait en découdre. Il s'apprêtait, selon ses propres termes, à « hurler sa pourriture au monde ». « Jusque-là, on a bien rigolé, mais ils n'ont encore rien vu : cette fois, ils ne vont plus rire du tout. » (...) Au Zénith, le vrai héros de son spectacle devait être un chômeur. Un sur deux millions et demi de modèles à l'époque (...) Et le chômage – ou plutôt l'emploi – était au centre d'une prochaine campagne qu'il comptait lancer dès qu'il aurait assuré la pérennité des Restaurants du coeur. »

Coluche candidat en 1988 ?

[En 1986], « deux ans seulement nous séparent de l'élection présidentielle. Cette grande remise à plat du jeu politique français dans lequel sept ans plus tôt Coluche avait pataugé avec ses gros godillots. Il faut se souvenir de la panique qu'avait générée cette intrusion dans la campagne de 1981 (...) Coluche avait fait trembler l'institution, plus encore, ridiculisé, chamboulé les cartes, obligé les candidats, les vrais, à négocier avec lui. »

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