Affaire Bettencourt: Menacée de sanctions, la juge Prévost-Desprez est convoquée par sa hiérarchie

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Publié le 30 septembre 2011.

JUSTICE - La juge se voit reprocher un «manquement au droit de réserve»...

La juge Isabelle Prévost-Desprez est convoquée ce vendredi matin par le premier président de la Cour d'appel de Versailles (Yvelines), qui pourrait engager des poursuites disciplinaires à son encontre après ses propos mettant en cause Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt.

La présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) sera assistée durant cet entretien de son avocat Me Lev Forster et du président de l'Union syndicale des magistrats (USM), Christophe Régnard.

Cette convocation est liée à ses déclarations sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 et à la charge virulente qu'elle porte à l'encontre du parquet de Nanterre dirigé par Philippe Courroye dans le livre Sarko m'a tuer (Stock).

Dans ce livre, Isabelle Prévost-Desprez, un temps saisie du volet d'abus de faiblesse de l'affaire Bettencourt, fait état de deux témoins ayant parlé, hors procès verbal, de remises d'espèces à Nicolas Sarkozy par l'entourage de la milliardaire. L'un de ces témoins avait réfuté avoir tenu de tels propos. L'Elysée avait démenti de telles accusations.

Le droit de réserve en question

La juge a dit «contester» mardi dans un communiqué «les griefs de manquements au devoir de réserve, à l'obligation de prudence et aux devoirs d'impartialité et de délicatesse invoqués contre elle».

«Elle estime n'avoir en rien, au regard de la situation très particulière du TGI de Nanterre et des dysfonctionnements qu'elle a pu constater, porté atteinte à ses devoirs de magistrat», selon ce communiqué.

Que risque-t-elle?

A l'issue de cet entretien, le premier président de la Cour d'appel de Versailles peut ne pas donner de suite ou bien infliger un avertissement à la magistrate. Il lui est aussi possible de saisir le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), qui peut décider de sanctions plus lourdes. Enfin, il peut renvoyer le dossier à la Chancellerie, qui pourra diligenter une inspection judiciaire.

«Une inspection judiciaire, c'est ce qu'on demande depuis le début pour connaître les dysfonctionnements qui ont cours au sein du tribunal de grande instance de Nanterre», a déclaré à l'AFP Christophe Régnard.

«Si Isabelle Prévost-Desprez est renvoyée devant le CSM, il y aura une audience publique et elle dira tout», a-t-il ajouté.

Après un premier rendez-vous manqué, Isabelle Prévost-Desprez avait été entendue le 20 septembre par un juge bordelais chargé de la tentaculaire affaire Bettencourt et notamment du volet de financement politique illégal.

Dépaysé à Bordeaux fin 2010 en raison du conflit ouvert entre la magistrate et le procureur Courroye, la saga familiale Bettencourt avait viré à l'affaire politique quand l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait affirmé qu'il lui avait été demandé début 2007 de retirer 150.000 euros destinés à être remis à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP.

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a été pour sa part convoqué en vue d'une mise en examen par une juge parisienne dans un volet connexe du dossier Bettencourt portant sur la violation des sources du Monde.

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